Avec Christian Paul, Député PS de la Nièvre, ainsi que Laurence Dumont, Jean-Marc Germain, Chaynesse Khirouni et Philippe Baumel, nous avons signé hier dans les pages Rebonds de Libération une tribune dans laquelle nous appelons à l’organisation d’un référendum sur le non-cumul des mandats avant les municipales de 2014.
Je vous invite à retrouver cette tribune en intégralité ci-dessous :
Il est des moments dans l’histoire d’une grande et ancienne démocratie où, temporairement, la machine se grippe, où la peur de l’obstacle cannibalise les principes et les engagements pris devant le peuple. Rien ne serait pire que de voir le non-cumul des mandats subir le sort de ces grandes réformes passées aux oubliettes : après une belle loi d’égalité, ouvrant le mariage pour tous, soyons à la hauteur avec une avancée démocratique dès les municipales de 2014.
Chacun connaît les raisons qui plaident pour ce choix d’autant plus urgent qu’il figure parmi les promesses phares des élections de 2012 et les décisions rénovatrices des militants socialistes. La revalorisation du Parlement par des élus réellement présents, les progrès de la parité, le renouvellement des générations et des origines en politique, le rétablissement du lien de confiance entre les Français et les femmes et les hommes qui les représentent sont à ce prix. Si nous reculons, si nous renvoyons à 2017, pour les Français, ne nous trompons pas, cela ne voudra pas dire demain, mais jamais !
Personne n’ignore non plus les motifs de résistance ou de réticence. Certains sont respectables : quand on aime sa ville et qu’on lui a tout donné, abandonner un mandat de maire, c’est toujours un profond déchirement. D’autres le sont moins : se prétendre irremplaçable, dans la gestion locale ou pour la bataille électorale, c’est oublier que l’honneur de la politique, quand on est socialiste, c’est justement de ne pas l’être et de le reconnaître.
Nous devons aussi dépasser deux obstacles trop facilement invoqués. La perte du lien avec les citoyens et la proximité ne résiste guère dès lors qu’un mandat local «de base» demeure possible dans une commune ou une assemblée territoriale. La possibilité de conserver un mandat local non exécutif ruine aussi les arguments de ceux qui mettent en avant une «exception» sénatoriale comme chambre des territoires. On peut avoir été maire, être conseiller municipal et bon sénateur. De même, les élections législatives anticipées, risquant de nous faire perdre notre majorité, sont évitables.
D’abord, les députés socialistes en situation de cumul peuvent choisir de renoncer à leur exécutif local plutôt qu’à leur mandat de parlementaire : c’est la logique de l’engagement qu’ils ont pris lorsqu’ils ont été investis par le Parti socialiste en 2011.
Ajoutons qu’une revue précise des situations locales montre que, partout ou presque, la relève est prête pour les municipales de 2014. Loin d’être un handicap ici et là, le dé-cumul sera un atout partout, pour un grand parti qui respecte une grande promesse. En outre, une loi pourrait prévoir, pour la seule période transitoire, l’arrivée au Parlement des suppléants d’élus choisissant en 2014 leur mandat exécutif local. C’est tout simplement le respect du suffrage universel de 2012, nul besoin d’une révision constitutionnelle, mais d’une simple loi organique. Disons-le clairement, quelques situations locales délicates à gérer ne doivent pas priver la France d’une avancée trop longtemps attendue, et la gauche du bénéfice d’un beau geste de courage collectif.
Notre pays doit être fier des institutions de la République, et de celles et ceux qui les servent, élus ou agents publics. Par la loi, pourquoi pas, ou mieux encore, par un référendum : après tout, il s’agit des règles applicables aux députés et aux sénateurs, il ne serait pas illégitime qu’elles soient tranchées par le peuple directement et non par les parlementaires eux-mêmes.
La question est simple, l’enjeu et clair et fort, cela donnerait lieu à un bon moment de respiration démocratique. En tout cas, passons aux actes. Ne laissons pas l’espace public livré au populisme des extrêmes ou meurtri par l’indifférence des citoyens. Encore un effort, donnons-nous un vrai trophée de fierté civique !
Lors du Conseil Municipal du 28 juin, j’ai présenté le Compte Administratif 2011 de la Ville de Reims. Avec un constat majeur : la poursuite du redressement financier de notre ville.
Le choix financier de la ville de Reims a toujours été le même : pratiquer une rupture avec le passé malgré une conjoncture économique défavorable. Il est aujourd’hui totalement assumé :
- ne pas augmenter les taux d’imposition
- diminuer l’endettement
- maîtriser le fonctionnement
- maintenir un haut programme d’investissement
Que montrent les résultats du compte administratif 2011 ?
- une stabilisation des taux d’imposition pour la 4ème année consécutive
- une baisse de la dette de 15M€ entre 2010 et 2011
- une amélioration des agrégats d’épargne en fonctionnement de 10 M€
- un niveau d’investissement élevé à 69 M€ (57 M€ en 2010)
Stabilité fiscale, endettement en recul et solvabilité nettement améliorée : notre stratégie est donc respectée.
Ce compte administratif est indéniablement une fierté. Peu de grandes villes peuvent présenter une telle amélioration dans la période que l’on traverse. Plus que jamais, dans cette période de crise qui dure et dure encore, il nous est imposé d être rigoureux et responsable.
Les résultats financiers de la Ville de Reims prouvent que nous le sommes depuis 4 ans. Nous continuerons sur cette voie.
Dimanche, une majorité de Français a choisi de donner à François Hollande et à Jean-Marc Ayrault les moyens de mener la politique de justice sociale en faveur de laquelle ils se sont engagés.
C’est un signe fort de la demande de changement qui s’était déjà manifestée la semaine dernière. Cette victoire, c’est celle de toute la gauche, qui a réalisé un magnifique score. Le PS quant à lui a réussi l’exploit d’obtenir la majorité absolue à l’Assemblée Nationale, donnant ainsi au gouvernement de Jean-Marc Ayrault les moyens d’agir.
Nous devons maintenant répondre aux attentes - nombreuses - des Françaises et des Français, avec une attention toute particulière vis-à-vis des populations les plus fragiles. Nous avons un devoir de réussite et permettre le redressement de la France dans la justice.
Ce succès national ne peut évidemment pas totalement masquer la déception au plan local. Une fois encore, la Marne n’aura en effet aucun député de gauche. Pour autant, les résultats, insuffisants pour faire basculer le vote, sont encourageants : la gauche est en progression sur notre territoire et son enracinement sur Reims se confirme.
Sur la partie rémoise des 4 circonscriptions concernées, la gauche atteint une large majorité de 53,6%. C’est un niveau considérable, qui témoigne d’une confiance des Rémois vis-à-vis de la politique que nous menons depuis 4 ans.
Malheureusement, le découpage électoral tel qu’il a été pensé par la droite interdit à la gauche toute possibilité d’obtenir la majorité sur ces circonscriptions.
Il s’agit là d’un problème démocratique qui devra être réglé dans un futur proche.
A l’issue du premier tour des élections législatives, la gauche sort largement en tête devant la droite, améliorant de plus de 10 points son score de 2007. A l’inverse, l’UMP recule fortement par rapport aux dernières élections législatives il y a 5 ans, confirmant ainsi la volonté des électeurs français de sanctionner 5 années de politique injuste et inefficace.
Au plan national, ces scores sont très encourageants pour la gauche. Ils devraient permettre de donner à François Hollande une majorité large et cohérente à l’Assemblée Nationale, majorité dont il a besoin pour pouvoir mener à bien la politique et les réformes pour lesquelles il a été élu.
Dans la Marne, les candidats qui représentent la majorité présidentielle (Eric Quénard, Sabrina Ghallal, Rudy Namur, Eric Loiselet et Marianne Doremus) ont réalisé de très bons résultats. Contrairement à 2007, aucun candidat UMP n’a été élu au premier tour. La gauche se renforce donc dans un département traditionnellement favorable à la droite.
Sur Reims plus précisément, les deux candidats du PS, Eric Quénard sur la deuxième circonscription et Sabrina Ghallal sur la première, obtiennent d’excellents scores. S’ils arrivent en tête sur l’ensemble de leur circonscription, les candidats de l’UMP Catherine Vautrin et Arnaud Robinet, qui avaient fait le vide à droite, n’ont aucune réserve de voix.
J’en appelle donc à l’union de toute la gauche pour permettre à nos deux candidats d’obtenir la majorité le 17 juin prochain. La semaine qui s’ouvre sera décisive. Nous devons mobiliser les Français, en particulier ceux qui ne se sont pas déplacés aux urnes dimanche.
Ceux qui veulent donner dans la Marne une majorité au changement que représente l’élection de François Hollande ne doivent pas se tromper : dimanche prochain, ils doivent voter pour les candidats de la gauche !
Mes chers ami(e)s,
Merci, merci d’être venus si nombreuses et si nombreux ce soir pour accueillir notre candidat François Hollande.
Merci, cher François, d’avoir choisi Reims, pour célébrer cette Journée Internationale des Droits des Femmes. C’est un honneur pour notre ville de te recevoir, toi qui incarnes aujourd’hui tous les espoirs de changement dont notre pays a tant besoin. Nous sommes particulièrement fiers que tu sois parmi nous ce soir, au cœur d’une campagne que tu mènes avec brio, énergie et talent au service de la Gauche, au service de la France.
Merci, chère Martine, de nous faire l’amitié de ta présence.
Merci également aux nombreuses femmes qui nous font aujourd’hui l’honneur d’être présentes. Je pense en particulier à Elisabeth GUIGOU, à Marylise LEBRANCHU, à Catherine TASCA, à Yvette ROUDY, à Sylviane AGACINSKI ou encore Laure ADLER et Eva DARLAN.
Merci à tous les Marnais, les Haut-Marnais, les Ardennais, les Axonais et les Aubois qui se sont déplacés ce soir et à tous ceux qui viennent d’encore plus loin !
Mes chers ami(e)s, ce qui nous réunit ici ce soir, c’est l’espoir : l’espoir d’un redressement de notre pays, l’espoir d’un autre destin pour la France, l’espoir d’un véritable changement. Cet espoir du changement, nous l’avons, plus modestement mais fièrement vécu ici à Reims, il y a 4 ans, lorsqu’après 30 ans de règne de la droite, nous avons gagné la Ville et en avons fait, comme à Lille, comme à Montpellier et à Rouen, comme à Rennes et à Pau, comme à Paris bien sûr, un laboratoire de l’égalité au quotidien.
Et c’est ce même espoir, qui résonnait ici même, à Reims, dans ce complexe sportif, lorsque, le 31 mars 1981, il y a presque 31 ans jour pour jour, François Mitterrand en appelait au réveil de la France et déclarait être certain « que les électrices et les électeurs répondraient pour l’espoir et choisiraient les chances de l’avenir contre les échecs du passé. »
Mes chers ami(e)s, trente ans plus tard, on retrouve cette dynamique, on retrouve cette force. Car c’est à ce même choix que les Français seront confrontés dans quelques semaines : l’espoir contre la résignation, le changement contre la continuité, le progrès contre le conservatisme. Car la République, cette belle idée universelle portée depuis toujours par la gauche, notre République, elle sort de ces 5 ans très affaiblie.
Oui, la République est affaiblie, parce que ses piliers ont été profondément abîmés, parce que ses fondements ont été sapés. Où donc est-elle, cette République irréprochable que nous avait promis Nicolas Sarkozy ?
Pendant 5 ans, nous n’avons eu qu’une République forte avec les faibles et faible avec les forts.
Pendant 5 ans, nous n’avons eu droit qu’à un pouvoir arrogant, un pouvoir qui a humilié, divisé, monté les Français les uns contre les autres.
Pendant 5 ans, les valeurs républicaines elles-mêmes, ces valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité ont été attaquées, maltraitées.
Et, en cette journée internationale des droits des femmes, je veux dire d’abord et avant tout à quel point le combat pour les droits des femmes est indissociable du combat de la gauche pour l’égalité des droits.