Du vendredi 22 au dimanche 24 juin, le Congrès d’Amnesty International France s’est tenu au Centre des Congrès de Reims. Plus de 800 congressistes étaient attendus pour ces 3 jours de débats et de rencontres.
Je vous propose de retrouver ci-dessous mon intervention à l’occasion de l’ouverture de ce Congrès.
Madame la Présidente d’Amnesty International France, chère Geneviève GARRIGOS,
Mesdames et Messieurs les représentants des délégations étrangères,
Mesdames et Messieurs les congressistes,
Bienvenue à Reims !
C’est pour moi une immense honneur de vous accueillir aujourd’hui dans notre ville, à l’occasion de votre Congrès national. C’est la première fois en effet que Reims accueille Amnesty International, et je dois vous dire que c’est avec une grande fierté que nous vous recevons aujourd’hui.
D’une certaine manière, il était logique qu’Amnesty International croise la route de Reims, puisque notre municipalité partage les mêmes valeurs que votre organisation. Je veux vous le dire avec force : ici à Reims, vos combats sont aussi les nôtres. Nous partageons vos idéaux et nous les défendons sans relâche et au quotidien dans des actions concrètes. Nous sommes en effet engagés depuis plusieurs années dans une politique de lutte contre les injustices et les discriminations qui frappent certains de nos concitoyens.
Lors de mon élection en 2008, j’ai ainsi tenu à ce que soit créée une mission de lutte contre les discriminations, portée par mon adjointe ici présente, Virginie COEZ. Comme vous, nous œuvrons au quotidien pour que soient respectés les droits humains les plus élémentaires.
Et de ce point de vue, nous sommes très sensibles aux actions que vous menez à l’échelle nationale et internationale.
Ces 18 derniers mois nous montrent que le monde est en pleine mutation.
Tunisiens, Egyptiens, Yéménites, Libyens et Syriens se sont battus et se battent encore pour que cesse la violence et la brutalité de régimes autoritaires et dictatoriaux auxquelles ils sont confrontés.
Et je veux tout particulièrement rendre hommage aux opposants syriens présents aujourd’hui dans cette salle.
Je veux leur dire combien nous sommes admiratifs du combat qu’ils mènent chaque jour au péril de leur vie pour défendre les valeurs de liberté et de démocratie auxquelles ils aspirent.
Elus, associations, ONG, citoyens, il est de notre devoir moral et politique à tous de nous tenir aux côtés de ces peuples en révolte. Le rôle d’Amnesty International est de ce point de vue essentiel.
Chaque fois qu’un régime bafoue les droits les plus élémentaires des populations civiles, chaque fois que des actes de censure, de torture ou des crimes sont commis par des états autoritaires, vous êtes ce cri d’alarme salvateur qui réveille la conscience trop souvent endormie de la communauté internationale.
Amnesty International est cette indispensable vigie démocratique qui défend depuis 46 ans la vision d’un monde dans lesquels les droits humains sont universellement reconnus et respectés.
C’est d’ailleurs la reconnaissance de cet engagement qui a valu en 1977 à Amnesty International la récompense suprême que représente le Prix Nobel de la paix.
Avant de laisser la parole à Nicolas MARANDON, représentant de la Région Champagne Ardenne, je voudrais revenir sur un élément qui me semble particulièrement important.
Je voudrais vous dire que nous sommes ici à Reims très sensibles à l’action que vous avez lancée concernant la création d’un traité sur le commerce des armes qui comporte des règles de protection des droits humains.
Je sais que dans quelques jours, la communauté internationale se réunira au siège des Nations unies pour adopter un traité international sur le commerce des armes classiques. Je sais aussi avec quelle persévérance vous vous battez pour que ce traité protège concrètement les populations civiles d’un commerce trop souvent meurtrier et irresponsable.
Ce qui se passe en Syrie est de ce point de vue un scandale moral et éthique que nous ne devons cesser de condamner.
Il n’est pas acceptable que la communauté internationale autorise le commerce d’armes susceptibles de contribuer au massacre de populations civiles.
Vous savez que la France fait partie des pays les plus engagés sur cette question de traité.
Pour ma part, je suis convaincue que le nouveau gouvernement français aura à cœur de défendre de manière encore plus active et volontariste les droits humains menacés par ce commerce d’armes. Je sais que l’action que vous menez trouvera un écho certain auprès du Président de la République et de son Premier Ministre.
Et c’est ce même soutien que nous vous afficherons demain soir en organisant de 20h30 à 21h30 une marche pacifique contre la prolifération des armes, depuis le Parc de la Patte d’Oie jusqu’à la Place d’Erlon.
Mesdames et Messieurs,
Il y a quelques minutes, nous avons rendu hommage à la journaliste russe Anna POLITKOVSKAÏA, assassinée en 2006. Nous avons baptisé en son nom le kiosque du Parc de la Patte d’Oie, situé à quelques mètres d’ici.
Anna POLITKOVSKAÏA, qui avait l’habitude de dire que « les mots pouvaient sauver des vies », a consacré sa carrière de journaliste à la dénonciation des injustices et des violences commises partout dans le monde.
Grâce à ses articles et à ses interviews, Anna POLITKOVSKAÏA a fait beaucoup pour le peuple tchétchène. Par ses mots, elle a mis en lumière ce que beaucoup n’osaient plus voir, elle a raconté ce que beaucoup cherchaient à taire. Par ses mots, elle a su faire triompher la vérité par delà la censure et les menaces.
Anna POLITKOVSKAÏA était une combattante de la liberté d’expression et de la démocratie. Sa vie est un exemple de courage et d’humanité pour chacun d’entre nous.
Nous ne l’oublierons pas.