Je vous propose de retrouver ci-dessous l’intégralité de ma présentation des vœux aux personnels de nos collectivités, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée hier au Complexe René Tys, en présence de très nombreux agents.
Mesdames et Messieurs ,
Je suis très heureuse de vous accueillir ici à René Tys pour vous adresser à toutes et à tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Je souhaite qu’elle soit synonyme pour vous, vos familles et vos proches, de bonheur et de réussite dans vos projets personnels et professionnels.
Avant toute chose, je tiens à féliciter et à remercier l’ensemble des personnes qui ont contribué à la conception du film que nous venons de voir.
Plus que des vœux, ce sont plutôt des remerciements que je souhaite vous adresser aujourd’hui. Au nom de l’ensemble des élus de la ville et de Reims Métropole, je souhaite en effet vous remercier sincèrement pour tout le travail effectué en 2011, qui a été, vous le savez mieux que quiconque, une année particulièrement riche et intense.
Nous avons souhaité pour l’année 2011 mettre le travail des agents de la Ville et de Reims Métropole à l’honneur. Et Je souhaite que cela soit également le cas pour l’année 2012.
Nous voulons en effet rappeler à nos concitoyens que derrière chaque service rendu, il y a un agent de la Ville ou de l’agglomération, que nos collectivités fonctionnent grâce à la diversité des 200 métiers qui les composent et grâce à l’efficacité d’une administration mobilisée au quotidien.
Nous voulons rappeler que ce qui fait la force de notre collectivité, ce sont avant tout les hommes et les femmes qui la composent et qui œuvrent au quotidien pour bâtir une ville plus proche de ses habitants.
C’est la raison pour laquelle, comme vous avez sans doute déjà pu le constater, nous avons décidé cette année, pour les vœux à la population, mettre plus particulièrement en lumière les agents et leurs nombreuses missions.
Alain, agent égoutier, Kamel, médiateur de quartier, Marie-Christine, agent de restauration scolaire, Toufik, chargé de mission à la lutte contre les discriminations et Valérie, surveillante de travaux aux espaces verts, sont les 5 agents qui illustrent les cartes de vœux et les affiches réparties dans toute la Ville.
Ils sont quelques uns des nombreux visages qui incarnent la Ville de Reims et de Reims Métropole au quotidien.
Premiers relais auprès de la population, ils sont et ils font la collectivité elle-même.
Et je voudrais reprendre plus particulièrement les propos d’un de ces agents lorsqu’il déclare : « Je suis heureux parce que je me sens utile aux autres. Alors je continuerai le plus longtemps possible ».
C’est vraiment le sens du service public. Nous avons en effet la chance de travailler pour un territoire où vivent plus de 200 000 habitants et tout cela peut légitimement donner à chacun d’entre nous un sentiment de fierté et de responsabilité.
Sentiment de fierté, parce qu’il n’est de mission plus belle que celle qui consiste à être au service des habitants d’un territoire. Mais sentiment de responsabilité également, car nous devons, en tant qu’agents publics, nous assurer que cette collectivité donne sa place à chacun, qu’elle permette à chaque individu d’y vivre le mieux possible, dans le respect de leur diversité et dans un esprit d’égalité.
Depuis bientôt 4 ans, nous travaillons, mon équipe et moi-même, à ce que cette conception d’une collectivité moderne, ouverte et solidaire, devienne réalité.
Les nombreux projets que nous avons lancés ambitionnent justement de transformer notre territoire afin d’améliorer la vie des habitants. Cela suppose, comme j’ai l’habitude de le dire, de savoir tenir les deux bouts de la chaine.
Il nous faut à la fois améliorer le quotidien tout en anticipant l’avenir, être à l’écoute des préoccupations des habitants tout en ayant une vision prospective du territoire.
Et de ce point de vue, avec notamment l’inauguration du Tramway et le 800ème anniversaire de notre Cathédrale, je sais que l’année 2011 a demandé un travail considérable puisque toutes les directions ont été concernées. Ces grands événements ont été de véritables succès populaires, tels que Reims n’en avait pas vu depuis très longtemps. Ces succès sont avant tous les vôtres et je vous suis infiniment reconnaissante de les avoir rendus possibles.
J’ai déjà eu l’occasion de vous le dire : soyons fiers, de ce qui a été accompli pour notre agglomération cette année.
Mais je sais bien que ce sentiment de fierté ne se décrète pas. Aucun salarié, aucun agent n’aura la fierté de son travail si les conditions dans lesquelles celui-ci s’effectue ne sont pas dignes.
Ma responsabilité, en tant que Maire de Reims et Présidente de Reims Métropole, c’est de vous donner les moyens de travailler efficacement et notamment de venir en aide aux agents les plus en difficultés.
A l’occasion de ma présentation des vœux aux corps constitués jeudi dernier, j’ai eu l’occasion de rappeler le contexte économique et social national extrêmement difficile dans lequel nous démarrons cette année.
Mais précisément, cette situation de crise économique et sociale nous donne à nous, élus, encore plus de devoirs et de responsabilités vis à vis des Rémoises et des Rémois, et plus particulièrement vis à vis des populations les plus fragiles et les plus touchées par cette crise.
Nous ne pouvons en aucun cas accepter de laisser nos concitoyens subir de plein fouet la violence d’un système devenu incontrôlable et créateur d’injustice sociale.
C’est la raison pour laquelle j’ai fait de la proximité, de l’attention portée à nos citoyens et de la solidarité les mots d’ordre de l’année 2012. J’aurai pour cela besoin de chacun d’entre vous.
Et je l’ai dit jeudi dernier : en 2012, il n’y aura aucun renoncement lorsqu’il s’agira de venir en aide à ceux qui en ont le plus besoin. Il n’y aura aucune faiblesse dans la responsabilité qui est la nôtre.
Notre collectivité saura tenir son rôle de « bouclier social » et notre objectif principal sera précisément de répondre collectivement aux défis de la crise.
Et cette attention que nous avons pour nos concitoyens les plus fragiles, nous l’avons également vis-à-vis des agents de nos collectivités.
De ce point de vue, le protocole d’accord que nous avons signé en 2009, pensé autour de plusieurs principes fondateurs, tels que la revalorisation prioritaire des régimes indemnitaires les plus bas, l’importance et la valorisation du dialogue social ou encore la garantie maintien de salaire et l’accompagnement de carrières, continue aujourd’hui à produire ses effets.
En ces temps de crise, je veux vous dire que la collectivité que je dirige prendra plus que jamais ses responsabilités en matière d’aide et de soutien aux agents. Là où dans de nombreuses collectivités les mesures d’économies, souvent imposées par un contexte économique difficile et un désengagement progressif de l’Etat, se sont faites au détriment de la situation des agents, j’ai tenu pour ma part, au contraire, à ce qu’une attention toute particulière soit apportée en direction de tous les agents, et en particulier de ceux qui sont dans les situations les plus fragiles.
Il est en effet essentiel que nous puissions garantir la sécurité sociale et économique de nos agents : c’est un devoir auquel, en tant que Maire, je suis profondément attachée.
Et si vous me le permettez, je voudrais revenir sur ce qui a constitué en 2011 deux exemples importants en matière d’avancée sociale.
Je pense bien sûr à la mise en place de la Garantie Maintien de Salaire, une mesure revendiquée à juste titre depuis de très nombreuses années. Nous avions promis que nous le mettrions en place, et nous l’avons fait.
Lorsque le Contrat collectif a été mis en place en juillet 2011, le taux de demandes d’adhésion était de plus de 83 %.
Jusqu’alors, suite à une maladie ou à un accident, les agents ne bénéficiaient plus que de 50 % de leur salaire à l’issue d’une période réglementaire de 3 mois. Ce contrat permet désormais aux agents, titulaires comme stagiaires, de toucher 95% de leur traitement dès le 1er jour du passage à demi-traitement.
Cette garantie maintien de salaire leur permet ainsi de préserver leur niveau de vie malgré une situation médicale difficile.
La seconde avancée sociale sur laquelle je veux revenir, c’est bien sûr l’accord-cadre que nous avons signé avec les 50 animateurs-éducateurs en octobre dernier.
Celui-ci témoignait de notre volonté de valoriser les salaires de ces agents et de leur offrir des perspectives professionnelles enrichies. Cet accord va en effet permettre la revalorisation de leur régime indemnitaire, ce qui représente environ un gain de 70 euros net mensuel.
Là encore, c’est avant tout la lutte contre la précarisation des agents et la volonté de les protéger de la crise et de ses conséquences qui nous a animée. Cela constitue à tout point de vue une avancée importante en matière sociale pour de très nombreux agents.
Nous avons fait pour cela de la concertation avec les agents et les syndicats notre méthode. Aucune des avancées sociales que nous mettons en place n’aurait jamais pu voir le jour sans un véritable dialogue social de qualité.
De ce point de vue, je tiens à saluer la qualité du dialogue social instauré par Olivier Nys, et sa volonté d’améliorer les conditions de travail de chacun.
Je profite d’ailleurs de cette occasion pour le remercier, lui et ses équipes, pour le travail réalisé.
Je me félicite que le projet AUDACE, réponde précisément à cet objectif de faire en sorte que le service public délivré sur le territoire rémois soit de la meilleure qualité possible.
Mais au-delà de ce projet d’administration, je veux aussi saluer le travail réalisé sur les dépenses de nos collectivités. La maîtrise du budget que nous avons mis en place nous permet, depuis 2 ans maintenant, d’assurer le désendettement progressif de notre Ville.
L’exploit n’est pas mince, puisque je rappelle qu’à notre arrivée en 2008, Reims était après Saint Etienne, la ville la plus endettée de France. La diminution que nous avons amorcée depuis 2010 et qui s’accélère cette année est donc un signe fort et positif dont nous devons tous nous réjouir et je veux remercier l’administration de nous aider dans cette tache difficile.
C’est d’ailleurs grâce à cette maîtrise du budget que nous pourrons en 2012 poursuivre les efforts réalisés en 2011, en matière notamment de renforcement des effectifs.
Je pense par exemple aux 9 postes qui ont été créés à la CAR et aux 17 autres qui l’ont été à la Ville. Je pense également à l’intégration des 6 agents du Fort de la Pompelle dans les effectifs de la Ville ainsi qu’au transfert des 89 agents de la REMS.
Vous savez que la question de la déprécarisation des agents les plus modestes était pour mon équipe et moi-même une priorité, une question touchant à la dignité des personnes. En 2012, nous poursuivons ce travail puisque ce sont, depuis le 1er janvier, 10 postes qui ont été proposés à une titularisation.
Ces investissements sont conséquents, surtout en contexte de crise. Mais ils sont nécessaires, parce que comme je l’ai dit, il est de notre responsabilité d’employeur de faire un effort pour atténuer l’impact économique et social de la crise sur les catégories d’agents qui connaissent le plus de difficultés.
Ce que nous sommes arrivés à faire vis-à-vis des Rémois, c’est-à-dire maîtriser les dépenses tout en protégeant les populations les plus fragiles, nous le faisons aussi au sein de nos collectivités.
L’année 2012 qui débute doit nous permettre de poursuivre cet effort de solidarité.
C’est pourquoi je veux vous annoncer aujourd’hui deux mesures qui vont nous permettre d’aller encore plus loin en matière d’avancée sociale.
La première mesure que je souhaite amorcer aujourd’hui est celle de la couverture santé. Nous allons dans les prochaines semaines lancer une démarche de discussion avec les syndicats pour parvenir à un accord sur la participation de la collectivité à la couverture santé des agents.
Aujourd’hui, les dépenses de santé représentent un budget important pour les ménages, à cause notamment des déremboursements de plus en plus nombreux.
En tant qu’employeur et en tant qu’élue, je n’accepte pas que certains d’entre eux aient à choisir entre se nourrir et se soigner. Il s’agit d’une atteinte à la dignité la plus élémentaire des personnes contre laquelle nous devons lutter. En décidant d’apporter une aide financière à la couverture santé des agents, nous espérons ainsi aider efficacement et durablement les agents.
La seconde mesure concerne la question de la restauration.
Aujourd’hui, on estime que seulement 10% des agents profitent du restaurant municipal dont la qualité est d’ailleurs unanimement saluée.
Ce sont donc 90% des agents de notre collectivité qui sont privés des avantages que représente ce restaurant.
Les raisons sont diverses. Beaucoup ne peuvent y accéder pour des raisons d’horaires ou d’éloignement géographique.
Mais je sais par ailleurs, qu’en ces temps de crise, certains agents se privent parfois de déjeuner.
Cette situation est inacceptable et nous devons y remédier.
C’est pourquoi nous allons ouvrir un grand chantier sur cette question afin de réfléchir aux possibilités d’offrir à l’ensemble des agents de la collectivité les moyens de profiter de la restauration collective et d’une véritable pause déjeuner.
Ces deux mesures participent de cet effort de solidarité auquel je suis très attachée.
Elles sont la preuve que nous restons attentifs à ce que chaque agent puisse exercer son métier dans les meilleures conditions possibles.
*
Mesdames et Messieurs,
Alors que la crise frappe notre pays et que les difficultés économiques et sociales se multiplient, nous avons plus que jamais besoin d’un service public fort, qui se donne les moyens de protéger les plus exclus d’entre eux.
Je disais en introduction que cette mission de service public nous donnait un sentiment mêlé de fierté et de responsabilité.
Nous pouvons être fiers en effet de ce que nous avons accomplis tous ensemble depuis bientôt 4 ans. Nous pouvons être fiers de travailler collectivement à transformer notre territoire et à améliorer les conditions de vie de nos concitoyens.
L’année qui s’ouvre doit nous permettre de poursuivre nos efforts et d’amplifier ce changement. Les projets sont nombreux, difficiles pour certains d’entre eux, mais je sais que je pourrai compter sur chacune et chacun d’entre vous pour les mener à bien.
Je vous adresse à nouveau mes meilleurs vœux pour l’année 2012.
Je vous remercie et vous souhaite une agréable soirée.