La polémique lancée par Benoist Apparu fin janvier concernant son projet de « fusion » entre Epernay, Châlons-en-Champagne et Reims aura donc fait long feu.
Dans un article paru dans L’Union mercredi 23 février, les principaux représentants du G10 ont rappelé leur attachement à cette association qui réunit un certain nombre de collectivités réparties sur 3 départements. Ces collectivités ont toutes compris l’intérêt qu’elles avaient à travailler ensemble au quotidien, à tisser des liens solides entre elles pour faire émerger une véritable identité métropolitaine.
Nous n’avons pas attendu Monsieur Apparu pour faire de la concertation et du dialogue entre les différentes collectivités du territoire un moteur de dynamisme et d’attractivité.
Bien sûr, il est toujours souhaitable de renforcer la coopération entre les communes. En ce sens, le « travail en réseau » dont parle Benoist Apparu entre ces trois villes de la Marne est évidemment le bienvenu. Loin d’être incompatibles, ces deux projets sont en réalité complémentaires.
Il n’est toutefois nullement besoin d’en passer par une « fusion » à laquelle je suis fermement opposée : elle est à la fois irréaliste, contraire à la volonté des communes et de leurs habitants, et méprise surtout les 7 autres communes engagées dans le processus.
N’en déplaise à Benoist Apparu, le G10 est un outil bien plus adapté aux problématiques de nos territoires. Chacune des communes qui le composent partagent une même volonté : celle de se forger un destin commun.
L’approche des cantonales explique sans doute cette tentative - ratée - de coup politique. Dans tous les cas, elle témoigne d’une méconnaissance profonde de la réalité de nos territoires et des attentes de leurs habitants.
Mercredi, j’étais en déplacement à Clamart, en compagnie de Martine Aubry, Bertrand Delanoë, Pierre Cohen et d’autres maires de grandes villes, à l’occasion de la présentation des propositions socialistes pour une autre politique du logement.
J’y ai signé l’Appel pour une autre politique du logement que vous pouvez consulter en intégralité en cliquant sur ce lien.
Aujourd’hui, le logement est avec l’emploi un des sujets de préoccupation majeure des Français. La situation est critique : 3,5 millions de Français sont mal logés, 1,2 millions sont inscrits sur la liste d’attente pour avoir un HLM et 1 million vivent dans des logements insalubres.
L’urgence est là, et nous nous devons de porter une politique de logement social ambitieuse pour l’ensemble de nos concitoyens.
Durant la conférence de presse, la ville de Reims a été cité pour son exemplarité en la matière. Alors qu’aujourd’hui encore, un certain nombre de communes n’appliquent pas les dispositions de la loi SRU qui impose la construction de 20% de logements sociaux minimum, j’ai eu l’occasion de rappeler aux nombreuses personnes présentes que le logement social occupe à Reims une place particulière. Avec près de 43% de logements sociaux, nous pouvons en effet parler de « spécificité rémoise », une spécificité qui contribue à forger l’identité de notre territoire.
Je veux insister sur le fait que le logement social n’est pas un handicap mais un atout pour notre ville. Mentionnée dans l’Appel, l’application de la règle des 3/3 (locatif social, accession à la propriété, secteur privé) que nous mettons en place dans chacun de nos nouveaux projets permet en effet de favoriser la mixité sociale et d’éviter la spécialisation des quartiers en logement social.
Notre projet urbain « Reims 2020 » s’inscrit dans cette logique, puisque le programme de renouvellement urbain de grande envergure que nous menons nous permet de repenser la ville autrement, tout en développant cette notion de mixité et de règle des 3/3.
Surtout, à côté de la mixité sociale, nous travaillons également à développer la mixité « fonctionnelle », grâce à laquelle chaque quartier peut regrouper différentes fonctions (logement, activité, loisirs, services, commerces…) et la mixité « intergénérationnelle », en concevant des immeubles qui peuvent accueillir à la fois des personnes âgées, des étudiants et des crèches.
Tout cela participe d’une même volonté : celle de répondre au mieux aux besoins des habitants de nos territoires et de permettre à chacun de vivre dignement dans des habitations aux loyers décents.
Hier matin s’est déroulée au Sénat une conférence de presse organisée par de nombreux maires, pour lancer un appel solennel au droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers, sur l’initiative de la ville de Strasbourg et de son Maire, Roland Ries.
Cet appel fait suite au premier Congrès des conseils des résidents étrangers de France qui s’est tenu à Strasbourg le 16 octobre dernier au Conseil de l’Europe.
De nombreuses municipalités s’étaient alors associées pour porter d’une seule voix cette revendication légitime en signant un texte commun .
Aujourd’hui, des villes comme Angers, Aubervilliers, Bègles, Besançon, Caen, Chelles, Clichy-la-Garenne, Creil, Erstein, Grenoble, Illkirch-Graffenstaden, Les Ulis, Lille, Metz, Montbéliard, Nantes, Paris, Pau, Périgueux, Quimper, Rennes, Rouen, Saint-Denis, Strasbourg, Toulouse, et bien sûr, la Ville de Reims ont signé cet appel.
D’autres municipalités ont ouvert le débat et ont vocation à nous rejoindre prochainement.
Alors que les questions d’intégration, de vivre-ensemble et de démocratie locale sont au cœur du contrat de confiance entre les dirigeants politiques et les citoyens, il n’est pas normal que les citoyens de résidence présents sur notre territoire depuis de nombreuses années ne puissent pas participer pleinement à la vie locale de leur collectivité.
Après les citoyens de l’Union européenne, auxquels le droit de vote aux élections locales est accordé depuis l’adoption du traité de Maastricht en 1992, il apparaît légitime d’étendre ce droit à l’ensemble des citoyens.
Il en va de la cohésion de nos territoires, car comme l’affirme Roland Ries, « la cohésion sociale dans nos cités ne se décrète pas, elle se construit pas à pas en y mettant les moyens, en mettant en œuvre des politiques locales ambitieuses mais aussi en permettant une évolution du droit ».
Signataire de cet appel, la ville de Reims milite pour le renforcement du dialogue interculturel et l’intégration des résidents étrangers sur notre territoire. C’est d’ailleurs dans cet esprit que nous allons encourager la mise en place d’organes consultatifs de représentation des résidents étrangers sur Reims.
C’est là tout le sens de la politique du « vivre-ensemble » à laquelle je suis profondément attachée.
Hier s’est tenue à l’Hôtel de Ville la conférence de presse de présentation du programme du 800ème anniversaire de notre Cathédrale. Un événement que beaucoup d’entre vous attendaient, je crois, avec impatience.
Vous le savez, j’ai toujours eu à cœur d’incarner la fonction de Maire dans ses deux dimensions fondamentales : celle de la gestion quotidienne tout d’abord, de l’attention que nous devons porter à nos concitoyens, et des efforts constants que nous devons mener pour améliorer leurs conditions de vie.
Mais je ne veux jamais oublier l’autre dimension, tout aussi essentielle de mon action : celle du temps long, celle qui nous engage dans une histoire collective et nous fixe un horizon commun, celle qui consiste à construire l’avenir.
Agir au quotidien et voir loin, voilà les deux principes qui rythment mon action et c’est dans cet esprit également qu’il faut appréhender les grands événements de l’année 2011 qui nous attendent.
2011, l’année des bâtisseurs
L’année qui s’ouvre s’inscrit pour la Ville de Reims comme une année de changement, un tournant important dans son histoire.
Nous avons coutume de dire que Reims bouge, que notre ville est en mouvement, qu’elle se transforme. Mais pour que le mouvement ne se confonde pas avec l’agitation stérile, il nous faut lui imprimer un sens, il faut que ce mouvement nous transporte, tous ensemble, dans une direction précise et vers un but commun.
En 2011, trois événements marquants permettront de relever ce défi :
- Le grand projet urbain Reims 2020 tout d’abord, qui entre dans sa phase de concrétisation et qui donnera au cours des toutes prochaines années un nouveau visage à notre cité ;
- Le tramway ensuite, qui après trois années éprouvantes de travaux dans toute la ville, va enfin être mis en service.
- Et puis bien sûr, le 800ème anniversaire de notre cathédrale sur lequel je reviendrai dans quelques instants.
Vous savez que j’ai tenu à baptiser 2011 « l’année des bâtisseurs ». Il ne s’agit pas là d’une formule artificielle ni d’un simple slogan, mais bien d’une véritable thématique qui incarne notre ambition et autour de laquelle s’articulera toute l’année qui vient.
Cette thématique des bâtisseurs inscrit notre action dans cet horizon commun dont je parlais un peu plus tôt.
Elle donne corps à une conjonction d’événements que l’équipe municipale a voulu célébrer, en rendant bien sûr hommage aux Bâtisseurs d’hier, qui ont su édifier un monument aussi remarquable que la cathédrale de Reims, mais en ayant également à cœur d’honorer les Bâtisseurs d’aujourd’hui.
La Ville de Reims a eu le privilège d’accueillir samedi dernier le président de l’UEFA, Michel Platini, pour une cérémonie prestigieuse en l’honneur d’un Rémois qui l’est tout autant : Raymond Kopa. Celui-ci s’est vu remettre le prix du Président de l’UEFA, une distinction prestigieuse qui honore les joueurs d’exception.
Raymond Kopaszewski de son vrai nom est un footballeur de légende dont le talent a fait et continue de faire honneur au football français : premier ballon d’or français en 1958, Champion de France avec Reims en 1953, 1955, 1960, 1962, 45 sélections en équipe nationale, excusez du peu !
C’est pourquoi cette récompense, reçue des mains de Michel Platini, autre figure majeure du football français, est amplement méritée.
Mais au-delà de la distinction de l’UEFA qui récompense le joueur, la ville de Reims a tenu à rendre hommage à l’homme. Nous savons tous que le Stade de Reims a été, avec le Real de Madrid, l’un des deux clubs chers au cœur de Raymond Kopa.
Nous connaissons également son attachement profond à notre ville, comme en témoigne le fait qu’il ait souhaité y être décoré.
Dans ces conditions, il était normal que celui qui se dit “Rémois pour la vie” soit également décoré de la médaille de la Ville de Reims, ce qui - aussi incroyable que cela puisse paraître - n’avait encore jamais été fait. Cet oubli était incompréhensible au regard de la relation privilégiée qui unit Reims au sport.
Je pense bien sûr au sport de haut niveau, qui est une vitrine pour une métropole comme la nôtre. Reims a la chance de posséder une équipe qui a marqué l’histoire du football français et dont Raymond Kopa est l’un des plus illustres représentants. Aujourd’hui encore, l’extraordinaire aventure que mène le Stade de Reims en Coupe de France nous autorise à rêver.
Je pense également au sport amateur, le sport de tous les jours, qu’il soit pratiqué en club, au fil d’une scolarité, ou même en dehors de toute structure, entre amis ou en famille.
Raymond Kopa fait partie de ces sportifs qui ont eu l’immense privilège de transmettre le désir, l’envie et le plaisir de pratiquer un sport, à Reims et au-delà. Il est un exemple pour la ville de Reims et un de ses plus fameux ambassadeurs.
Il était grand temps que nous réparions l’injustice qui lui a été faite, en reconnaissant officiellement par cette remise de médaille de la ville de Reims, tout ce que celle-ci lui doit.
A l’initiative de la CGT de l’entreprise, une opération Portes Ouvertes a été organisée le samedi 5 février 2011 chez Reims Aerospace, entreprise située sur l’aérodrome de Reims Prunay. Cette entreprise historique du bassin rémois connaît à nouveau des difficultés qui ont conduit à sa liquidation judicaire et le seul repreneur identifié ne conserverait que 84 emplois sur les 200.
Je me suis rendue samedi matin dans l’entreprise en compagnie de Serge Pugeault, adjoint au développement économique et de Dominique Ledemé, chargé de mission emploi à la ville de Reims.
La visite des ateliers nous a permis de constater le savoir-faire des salariés employés par Reims Aerospace, un savoir-faire unanimement reconnu.
La conférence de presse organisée au sein du restaurant d’entreprise m’a permis d’affirmer notre profonde solidarité envers les salariés de Reims Aerospace et leurs représentants syndicaux. Devant la chute continuelle des emplois industriels sur le bassin rémois, j’estime qu’il est nécessaire de réagir rapidement et vivement.
C’est pourquoi j’ai décidé de saisir par écrit le Ministre de l’Industrie afin que tout soit mis en œuvre pour maintenir, voire développer, le potentiel industriel rémois lié à l’industrie aéronautique. La première mesure consiste à garantir la survie de Reims Aerospace, le maintien du savoir-faire et des emplois qu’il induit.
De ce point de vue, une intervention des principaux donneurs d’ordre, Dassault et Airbus, est absolument nécessaire pour recapitaliser l’entreprise et lui permettre de maintenir l’équilibre budgétaire de son exploitation.
A l’occasion du dossier que le site nonfiction.fr consacre à l’action de Nicolas Sarkozy dans les domaines de la justice et du droit, j’ai été invitée à rédiger une tribune intitulée “Nicolas Sarkozy et la Justice : le triomphe du populisme pénal“, que je vous propose de retrouver ci-dessous en intégralité :
Le 10 décembre dernier, la République Française a vécu un bien étrange événement. Sept policiers jugés à Bobigny pour avoir porté de fausses accusations contre un homme venaient d’être reconnus coupables de “dénonciation calomnieuse” et “faux en écritures” et condamnés à des peines allant de six mois à un an de prison ferme. Environ deux cents policiers en civil et en uniforme se sont alors rassemblés devant le palais de justice et ont fait retentir les sirènes de leurs voitures en signe de protestation.
On pouvait légitimement penser que, face à ces manifestations de soutien pour le moins déplacées, le Ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux aurait pris la parole pour appeler ses troupes à respecter le jugement rendu. Le Ministre a effectivement réagi : il a qualifié la décision de justice de “disproportionnée”, tenant à rappeler que “notre société ne (devait) pas se tromper de cible : ce sont les délinquants et les criminels qu’il faut mettre hors d’état de nuire”. Il y a quelques années encore, il aurait été inimaginable qu’un Ministre de la République conteste une décision de justice – tout au moins publiquement…
Aujourd’hui, force est de constater que ces déclarations, bien qu’elles enfreignent les principes constitutionnels de séparation des pouvoirs qui sont au fondement même de notre conception de la République, bien qu’elles émanent d’un Ministre de l’Intérieur, n’étonnent même plus. Pire, elles s’accompagnent le plus souvent d’une certaine forme de résignation de la part des magistrats. L’indignation cède la place au fatalisme. C’est que la critique de la justice est devenue à ce point permanente, l’immiscion de l’exécutif dans le fonctionnement de la justice si courante, que ce comportement est en dangereuse voie de banalisation.