En novembre 2008, j’étais comme vous le savez extrêmement heureuse de vous accueillir pour le Congrès de Reims. Depuis près de deux ans maintenant, c’est vrai que je trouve un petit peu difficile, de ne lire que le désastreux Congrès de Reims, le calamiteux Congrès de Reims, et bien aujourd’hui je dois vous dire que je suis extrêmement heureuse car ce sera justement à la suite du Congrès de Reims que nous aurons enfin entamer la rénovation du parti, et notamment, et je vais en dire quelques mots que nous aurons enfin mis un terme au cumul des mandats, je ne dis pas d’ailleurs supprimer le cumul des mandats car ne nous le supprimons pas, nous ne faisons que le limiter et certaines déclarations ces dernières semaines de certains qui jouaient les « vierges effarouchées » par ce qu’on allait toucher au sacro-saint cumul des mandats était quand même un petit peu désolant.
Je voulais féliciter Arnaud parce que, grâce au travail qu’il a fait pendant des mois et des mois avec l’équipe qui l’a entouré, grâce au travail collectif que nous avons fait cette nuit jusqu’à trois heure du matin, et bien il me semble que nous avons abouti à un texte qui est tout à fait équilibré, qui nous permet justement de nous projeter dans la rénovation de notre parti tout en préservant les idées des uns et des autres car beaucoup d’écoutes ont été faites, et je vous rappelle que le vote des militants au mois de novembre dernier parlait d’un non cumul total.
Arnaud et les autres ont écouté les arguments des uns et des autres et nous avons abouti à une solution qui me semble, pour ma part, et je pense que ce sera le cas pour vous, tout à fait équilibrée. Un point pour dire, on n’est pas là chacun pour se montrer en exemple et loin de moi d’ailleurs l’idée de le faire mais j’ai été Députée Européenne pendant neuf ans et j’ai eu la chance de gagner, ce n’était pas la première fois que j’essayais, c’était la deuxième fois, de gagner une ville détenue depuis trente ans par la droite. J’avais toujours dit que j’abandonnerais mon mandat de Députée Européenne et c’était, c’est vrai que ça aurait été plus confortable de le garder, c’était dans une terre de mission qu’est la Marne, avoir un scrutin de liste c’est plutôt confortable. Il m’a semblé tout à fait évident de l’abandonner, ce qui m’a semblé plus bizarre c’est de voir l’étonnement de mes camarades.
Alors moi je pense justement que la règle qui nous est proposée par Arnaud Montebourg, est une règle absolument équilibrée, il ne s’agit justement pas d’empêcher quiconque de se présenter à une élection même sénatoriale mais bien de s’assurer que tout titulaire d’un mandat parlementaire ou d’un exécutif local annoncera clairement et en toute transparence ses intentions, c’est quand même quelque chose d’acceptable.
Un mot pour dire qu’aussi ces dernières semaines notamment avec beaucoup de virulence, hier soir j’ai entendu dire que c’était absolument obligatoire d’être Maire ou d’être Député pour briguer l’autre de ces deux mandats. Comme si, d’ailleurs, un Député n’avait pas d’accroche avec son territoire. On nous a expliqué hier soir que si on n’était pas Député, on ne pouvait pas être Maire, que si on n’était pas Maire, on ne pouvait pas être Député. Mais je m’excuse et vous le savez mieux que moi, je n’ai jamais été Députée Nationale, je n’ai jamais eu cette chance, mais enfin un Député National qui fait bien son boulot, il l’a l’accroche avec son territoire ou alors c’est qu’il fait mal son boulot et à ce moment-là il ne faut pas le réélire.
Alors je rappelle une ou deux choses qu’on a beaucoup entendu en campagne, mais quand même il faut le dire, chacune de nos motions préparant le Congrès de Reims précisément parlait de cette suppression du cumul. Toutes nos motions parlaient, proposaient la suppression du cumul alors donc à la limite il n’y a pas de débat, et je ne comprends pas pourquoi on en débat depuis des mois et des mois, et des heures et des heures.
Je rappelle aussi bien sur, que 70 % des militants ont voté le non cumul intégral, donc est-ce qu’on respecte ou non le vote des militants, il me semble que j’imagine, j’ose espérer en tout cas que, dans cette salle, personne ne va proposer de ne pas respecter le vote des militants. Un mot aussi pour dire que nos mandats ne nous appartiennent pas. Ils nous sont confiés au sein de la l’investiture par les militants justement pour porter des valeurs et des projets de notre parti.
Un mot également pour dire qu’il y a le cumul des mandats mais il y a également le cumul des fonctions, et je pense que dans cette salle il y a certainement, un certain nombre de Députés, un certain nombre de Maires ou d’Adjoints au Maire qui, en plus, de leur mandat qui les occupe certainement beaucoup, et bien ont la joie de présider qui à une société d’économie mixte, qui à un syndicat intercommunal, qui à un comité communal d’action sociale, j’en passe et des meilleures, donc la question du cumul, elle doit aussi se poser dans ce cas-là et elle doit aussi, je préfère le dire, pour prendre date, elle devra aussi se poser dans le temps pour les mandats parlementaires car là aussi on a eu beaucoup de débats sur est-ce qu’il est scandaleux de demander à un Président de Conseil Général d’arrêter au bout de dix-huit ans, je dis bien dix-huit ans, mais il n’a pas été question de dire qu’un Député ou un Sénateur, peut-être qu’au bout de dix-huit ans, on pouvait aussi se poser la question. Et bien ça on ne l’a pas dit parce qu’on ne peut pas tout faire à la fois. Il faut être réaliste mais j’espère franchement qu’on arrivera à le faire.
Un mot également pour dire et cela a été dit avant moi, et cela sera certainement dit après moi que de toute façon si on ne fait pas ce non cumul on ne fera pas non plus ni la parité, ni la diversité car qu’on m’explique comment si un certain nombre de titulaires de mandats depuis justement dix-huit ans, vingt ans, trente ans, quarante ans et j’en passe, ne démissionnent pas. Comment des femmes pourront arriver à être élues, comment des personnes issues de l’immigration pourront arriver à être élues, donc le non cumul c’est la condition synéquanone pour qu’enfin il y ait un jour 50 % de femmes à l’Assemblée Nationale et au Sénat, et qu’il y ait enfin des élus issus de l’immigration.
Pour toutes ces raisons, mes camarades, je veux vous dire qu’il est grand temps maintenant de le faire cette suppression, cette limitation, pardon, du cumul. Moi je ne voudrais pas et je l’ai dit hier soir qu’on continue à employer pour le non cumul les arguments que nous avons tous collectivement entendus beaucoup pour le vote des étrangers aux élections locales, je sais que tout le monde n’est pas de cet avis, moi je peux, en tout cas, vous dire que cela me rappelle les débats qu’on a eus il y a dix ans, il y a cinq ans, il y a 7 ans au Bureau National c’est-à-dire que ce n’est jamais le moment, le contexte n’est pas bon, nous n’avons pas la majorité Assemblée et Sénat regroupés. Si on fait un référendum ça ne passera pas alors finalement on attend d’avoir gagné la Présidentielle, et à ce moment-là on le fera. Et bien non, cet argument n’est pas recevable et en tout cas, il serait indigne que nous l’employons pour la rénovation et pour la suppression, la limitation plutôt du cumul.
Voilà chers camarades, je crois que nous vivons un moment important dans notre parti ce soir, je pense que justement les militants attendent de nous que nous mettions en musique leurs votes d’il y a quelques mois, qu’ils seraient extrêmement déçus de voir que nous ne le faisons pas, que la formule à laquelle nous sommes arrivés est la bonne, et j’espère que très collectivement et même de façon unanime, elle sera votée. Je vous remercie.