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Monumental Foujita

Mercredi 31 mars 2010 | Par Adeline Hazan | Culture | Commentaires [RSS] | Rétroliens

foujita monumental !Nous sommes heureux et fiers d’exposer au musée des Beaux-Arts de Reims, pendant trois mois, les œuvres monumentales de Léonard FOUJITA.

Notre ville entretient un lien spécifique avec cet artiste. Léonard FOUJITA a choisi notre ville. Il a voulu être baptisé dans notre cathédrale. Il nous a fait don d’une chapelle qu’il a lui-même conçue, fait construire et décoré, Notre-Dame de la paix, qui rayonne encore aujourd’hui et qui attire de très nombreux touristes dans notre ville, chapelle dans laquelle il a été inhumé en 1968.

Cette chapelle est un repère dans notre ville. Il y repose depuis 1968. Sa veuve, Kimiyo FOUJITA, l’y a rejoint l’année dernière. Elle a légué à notre ville trois nouvelles œuvres de l’artiste. C’était vraiment le moment d’organiser une rétrospective.

Cela a souvent été dit et écrit, l’œuvre de Léonard FOUJITA joue à merveille sur la gamme de l’ambivalence et de la conciliation des contraires. C’est de la rencontre entre l’orient et l’occident que nait la magie de FOUJITA. Il a hérité de l’orient son trait et ses fameux fonds blancs préparés au talc. Il a retenu de l’occident ses figures classiques.

Et il s’est inspiré, tout au long de sa vie, des influences de son temps, artistiques et historiques. C’est un témoignage à la fois empreint de légèreté et de gravité qu’il nous a légués. De légèreté en écho à celle de sa vie parisienne des années 1930, et de gravité en référence aux événements vécus au Japon dans les années 1940.

En se spécialisant dans les formats très importants qui se prêtent aux décors monumentaux, il a peint à sa façon la démesure de son époque.

Cette exposition est sous-titrée « Enfer et paradis ». Elle offre à voir cette ambivalence que l’artiste a constamment entretenue, entre scènes religieuses et monstruosités. Cette seule ambivalence suffirait pour résonner pleinement à Reims. Car notre ville est à la fois l’héritière des sacres et celle de la guerre. Notre mémoire collective est marquée par cette dualité, entre traumatisme et prestige.

En offrant au public une telle exposition, c’est donc aussi notre ville de Reims que nous mettons en valeur, son histoire et les artistes qui l’ont fait vivre.

Foujita est à l’honneur dans notre ville pendant toute la saison. L’exposition que nous inaugurons aujourd’hui est accompagnée d’un autre rendez-vous, consacré à « Foujita et le Livre », organisé par notre bibliothèque Carnegie.

Notre Musée des Beaux arts offre ici à ses visiteurs un nouveau rendez-vous de premier rang, d’une dimension comparable à l’exposition Corot que nous avons organisée l’année dernière. C’est avec de telles expositions qu’une ville fait rayonner sa richesse culturelle, qu’elle attire, qu’elle s’anime et qu’elle retrouve la fierté de son patrimoine.

Je voudrais saluer l’efficacité et le dynamisme de David LIOT, conservateur en chef, directeur de notre musée des Beaux-arts. Il a assuré le commissariat de cette exposition, avec Anne LE DIBERDER, responsable de la Maison-Atelier Foujita à Villiers-le-Bâcle. Il élabore aujourd’hui avec nous la préfiguration d’un grand musée.

Notre musée est un atout immense pour Reims et pour son attractivité. Nous voulons l’ouvrir au plus grand nombre. C’est ce qui explique les nouveaux horaires que nous avons voulu adapter aux pratiques des visiteurs.

Ces expositions sont l’occasion de nouveaux partenariats et de nouvelles rencontres. Je veux remercier à cet égard le Conseil général de l’Essonne, son président Michel BERSON, et l’équipe de sa Maison-Atelier Foujita. Nous leur avons emprunté beaucoup des œuvres exposées dans cette exposition.

Merci aux partenaires sans qui ce projet n’aurait pu avoir lieu : le Ministère de la Culture et de la communication, le Conseil régional, le cercle des mécènes, les champagnes Mumm, la société Satec et l’hôtel de la Paix. Je pense aussi au Biscuits Fossier et à Charles de FOUGEROUX, qui nous a quittés il y a quelques jours. Et merci aux équipes de la ville et du musée.

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