J’ai reçu hier les représentants de l’association Les Boisseliers venus me remettre une pétition signée d’habitants du quartier Val de Murigny exprimant leurs inquiétudes quant aux questions d’insécurités et réclamant la mise en place d’un dispositif de vidéosurveillance. Accompagnée de Jean-Claude Laval, conseiller général du 9ème canton, Marie-France-Piette, conseillère municipale et co-animatrice du Conseil de quartier, j’ai souhaité que soient également présents à cette rencontre un représentant de la police municipale ainsi que le directeur départemental de la sécurité publique, Jean-Jacques Dron.
Car au-delà de toute polémique ou tentative de récupération politicienne de sujets qui touchent au quotidien, c’est cette méthode que je souhaite privilégier : un dialogue constructif en présence des tous les acteurs concernés où chacun peut s’exprimer et écouter afin de trouver les solutions les plus adaptées. D’ailleurs Eric Quénard, Premier adjoint en charge des questions de sécurité, accompagné du directeur de la police municipal, avait eu l’occasion de se rendre au Conseil de quartier Murigny le 13 janvier dernier pour écouter les habitants et expliquer notamment la réforme en cours de la police municipale, visant à la rendre plus présente sur l’ensemble de la ville. La tranquillité publique fait partie de nos préoccupations quotidiennes.
Tant la municipalité que la police nationale prenons très au sérieux les craintes des habitants de Val de Murigny, quartier réputé calme, relayées par l’association. En effet, au cours des deux derniers mois le quartier a connu une multiplication de faits délictueux. Mais le directeur départemental de la sécurité publique a souhaité rassurer nos interlocuteurs en rappelant que les auteurs ont été interpellés et que depuis le calme est revenu.
Ce rendez-vous a été pour moi l’occasion de rappeler ma position quant à l’extension du dispositif de vidéosurveillance. Pragmatique, j’ai souhaité qu’une évaluation indépendante du dispositif actuellement déployé sur Reims soit réalisée, tout en installant un comité d’éthique chargé de veiller au respect des libertés publiques. Ce comité offre d’ailleurs un cadre de dialogue serein entre la municipalité, majorité et opposition, l’Etat et l’institution judiciaire.
Il est faux d’affirmer, comme l’a fait le député Arnaud Robinet à l’occasion du débat parlementaire sur le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, que nous refuserions par idéologie une extension de ce dispositif à Reims. Si nous refusons une approche technique et sécuritaire, c’est pour privilégier, dans le cadre des compétences qui reviennent aux mairies, une approche réaliste et concertée entre tous les acteurs de la sécurité publique, basée en priorité sur la prévention. La répression ne relève pas des compétences des communes.
Je m’étonne en revanche d’entendre ceux qui ont voté la suppression de 1600 postes de policiers au budget 2010 et un plan de suppression de 15 000 postes sur 3 ans réclamer aujourd’hui davantage de caméras. Car comme l’ont montré de nombreuses études, ce ne sont pas des caméras qui courront derrière les délinquants !
Mais peut-être la campagne électorale pour les élections régionales incite-t-elle la majorité présidentielle à privilégier des solutions simplistes pour masquer le vrai bilan sur la sécurité de la droite.
Pas besoin de faire des études pour sortir une réplique soit disant émanant d’une étude:”ce ne sont pas des caméras qui courront derrière les délinquants !”
La critique d’un député est facile, mais lui a été le dernière élu de la ville donc le plus à l’image de sa population, notamment au regard du revers pour Mr Quénard !
Un tel discours de café du commerce ne sert pas la sécurité de nos concitoyens!
Des actes, nous attendons des actes!
Un peu comme pour la circulation en centre ville qui est toute faite pour bloqué ses habitants et leur interdire de circuler!
Pas de récupération politicienne… mais une critique des actes de la majorité !
Tout est son contraire, comme toujours!
Vite, la ville se meurt…. Viteeeeeeeeeeeeeeeeeeee
@ Bidibhoum
L’évaluation du dispositif de vidéo-surveillance à grande échelle comme l’a instauré la Grande Bretagne (plus de 4M de caméras) a montré que les résultats étaient contrastés suivant les secteurs ont sont implantés les caméras, et qu’il ne s’agit pas, de toutes évidence, d’une solution miracle.
Ainsi, la vidéo-surveillance déplace les problèmes de délinquance vers les zones non-surveillées. On pourrait objecter qu’il suffirait donc d’en mettre partout mais (car il y a un “mais”) on se heurte à un problème de moyens humains car il faut des hommes derrières les caméras (et, in fine, pour arrêter les malfaiteurs comme le dit Adeline Hazan).
Il me semble donc prudent d’adopter une attitude pragmatique, à Reims comme ailleurs.
La vidéo-surveillance peut être une réponse ciblée à la montée de la délinquance, mais de toute évidence grandement insuffisante. Je vous signale que la délinquance est un problème récurrent qu’aucun gouvernement ni maire n’a réussi à éradiquer, quel que soit les effets d’annonces et les tripatouillages statistiques.
Simplement, le gouvernement actuel agite la solution de la vidéo-surveillance pour simplfier le débat de façon binaire, conformément aux souhaits de l’actuel locataire de l’Elysée qui a fait de la lutte contre la délinquance son fond de commerce (avec les résultats que l’on voit) depuis son passage place Beauvau.
Schématiquement, la vidéo-surveillance serait une solution indiscutable de lutte contre la délinquance, donc il faut mettre des caméras partout.
C’est en ce sens que les préfets poussent les maires à installer des dispositifs de vidéo-surveillance : il faut savoir que chaque préfet dispose d’une enveloppe de crédits dédiés pour subventionner les dispositifs de vidéo-surveillances que les communes décideraient d’installer.
Donc, toujours schématiquement, si la commune n’installe pas de caméras, c’est qu’elle ne souhaite pas lutter contre la délinquance, donc que son maire est laxiste. Ce d’autant plus s’il est de gauche… you see what I mean ?
Que l’Etat veuille aider financièrement les communes qui souhaiteraient s’équiper n’est pas en soi une mauvaise idée ; que les représentants de la majorité instrumentalisent le débat ne sert pas à faire émerger une solution concertée.
Si l’on admet un échec de notre classe politique à apporter des réponses efficaces à la montée de la délinquance, admettons donc aussi qu’il faille rester modeste et que les solutions simplistes ne sont pas ce qu’elles semblent être.
Un beau discours qui ne résoud pas le problème des poubelles qui brulent toutes les nuits dans nos quartiers!
Vite, ca urge!