La cérémonie des voeux aux corps constitués se tenait ce matin à l’Hôtel de Ville de Reims. Elle a été l’occasion d’aborder les objectifs de la ville et de l’agglomération de Reims pour cette nouvelle année.
Le bilan de l’année 2009 aura été contrasté : sur fond de crise économique et d’inquiétude de l’ensemble de nos concitoyens, je crois pouvoir dire que notre territoire a su commencer à relever un certain nombre de défis.
Face à la crise que j’évoquais, je forme tout d’abord et en priorité le vœu que l’année 2010 voit chacun des acteurs de notre société, élus, citoyens, salariés, entrepreneurs, acteurs publics, associations, se rassembler pour faire front commun face aux effets de la crise.
Car nous savons, d’expérience, que le rebond ne peut se trouver que dans la mobilisation collective, dans l’économie sociale, dans l’initiative publique, dans la solidarité.
Au-delà de ce vœu qui constitue pour moi un socle, le fondement de toute action, je veux vous dire comment j’envisage l’action municipale pour l’année 2010. En effet un discours de début d’année, s’il n’est pas un programme d’action, doit permettre d’énoncer les quelques priorités à mettre en œuvre au cours de cette année.
Et ce que souhaite l’équipe municipale pour 2010 c’est que Reims soit une ville encore plus proche de ses habitants, qui les rassemble et qui les protège, et aussi qu’elle soit une ville ambitieuse, qui se retrouve en dessinant son avenir.
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Notre ville doit d’abord et avant tout constituer le premier lieu de la solidarité.
La dureté du climat économique et social, je le disais à l’instant fait que de nombreux Rémoises et de Rémois sont aujourd’hui confronté à la précarité, parfois alors même qu’ils ont un emploi. Le chômage, lui, à Reims comme en France connaît une accélération qui se prolongera malheureusement sans doute cette année. Les familles ont chaque jour davantage recours aux aides sociales de la municipalité et celles-ci ont augmenté de plus de 30 % en un an.
C’est pourquoi nous devons faire en sorte que Reims soit une ville qui protège. Et c’est pour cela que nous allons expérimenter un « bouclier logement », grâce auquel seront protégées les familles relogées et qui sont souvent confrontées à l’augmentation de leur loyer. C’est pour cela aussi que nous expérimentons dans les quartiers Pommery, Europe et Verrerie, une baisse des charges locatives, à travers la reprise par la ville de la gestion des espaces verts auparavant gérés par les organismes logeurs.
Nous avons également décidé de consacrer davantage de moyens aux solidarités et à la politique de la ville. C’est pourquoi afin d’élargir le nombre des bénéficiaires des aides municipales, et pour faire une place plus équitable aux plus vulnérables, nous ajusterons les barèmes sociaux.
Pour apporter une réponse immédiate aux situations de précarité que rencontrent chaque jour des familles et des personnes isolées à Reims, nous allons créer une épicerie sociale car Reims est la seule ville de la Marne où ce dispositif n’existe pas et puis nous mettrons en place un micro crédit personnel. C’est avec de telles solutions concrètes, applicables sans délais, que nous pourrons jouer notre rôle, que nous pourrons être une collectivité qui protège les plus fragiles.
Pour que Reims soit vraiment une ville solidaire, il faut que chacun y trouve sa place. Aujourd’hui, beaucoup de Rémoises et de Rémois font face à des discriminations, dont la gravité s’accroit quand le contexte économique se durcit.
C’est pourquoi nous avons voulu agir concrètement contre les discriminations, en sollicitant la participation des entrepreneurs, des associations, des acteurs publics, et de la HALDE, que nous accueillons depuis quelques semaines dans nos murs pour ses permanences. Je tiens à remercier ici chacun des partenaires qui se sont mobilisés cette année à cette fin.
Cette année, nous aurons aussi l’occasion de mettre l’accent sur le chemin qui nous sépare encore de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Nous avons choisi d’organiser, en février prochain, une biennale consacrée à l’engagement des femmes. Et nous accueillerons, dans cette salle des fêtes de l’Hôtel de Ville, une exposition consacrée aux « Femmes en résistance ».
Nous voulons retrouver le sens du bien vivre en ville, le goût du rassemblement et du vivre ensemble.
Nous voulons aussi que Reims soit une ville qui rassemble toutes les générations. La réussite d’une ville se mesure notamment à sa capacité à donner le meilleur à ses enfants et à ses jeunes. Cela vaut dès le premier âge. C’est pourquoi nous avons choisi d’améliorer les dispositifs de garde des enfants, et dans cet esprit, nous ouvrirons en 2010 deux nouvelles crèches et une halte garderie.
Nous avons également réformé les modes d’attribution des places en crèche, pour que les parents n’aient plus à parcourir un véritable parcours du combattant en frappant aux portes de chaque crèche jusqu’à ce qu’une place se libère. Ce système de guichet unique est en place depuis 2 jours.
Nous sommes également très fiers de la réussite de la réforme des activités périscolaires que nous avons mise en place, avec notamment l’accueil du matin dès 7h30, et la désignation de référents dans chaque école. Ces bons résultats nous encouragent à poursuivre ce dispositif.
Cette année, nous poursuivrons l’équipement de nos écoles, avec l’ouverture d’un « pôle des arts du goût », et d’un « pôle multimédia ». Notre objectif reste le même : offrir aux élèves des écoles rémoises toutes les opportunités de multiplier les découvertes, d’attiser leur curiosité, de leur donner l’envie d’apprendre et de partager davantage. Nous voulons que les jeunes Rémois puissent trouver leur autonomie à Reims. Nous voulons leur donner les moyens de venir et l’envie de rester à Reims. Cela signifie que nous favoriserons leur participation à la vie de la cité avec le Conseil Rémois de la Jeunesse.
Cela veut dire que nous améliorerons leur accès au logement, à l’emploi et l’insertion dans la vie active, à la formation, à la santé et que nous créerons les conditions de leur épanouissement à travers les loisirs, les sports et la culture.
Pour faire le maximum pour l’autonomie des jeunes, nous prévoyons, pour la rentrée 2010-2011, une refonte des critères pour l’attribution des bourses municipales aux élèves et aux étudiants. Notre ville va bientôt retrouver son prestige de grande ville universitaire : autour de l’Université, de Reims Management School, de l’ESAD, l’arrivée de Sciences Po, de l’Ecole Centrale et d’Agro Paris Tech viendra accroître la notoriété du rôle universitaire de Reims. Reims se donnera ainsi les moyens de retrouver de belles perspectives d’avenir pour l’ensemble des jeunes post bac.
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Nous voulons une ville qui rassemble et qui protège, mais nous voulons aussi que Reims retrouve un avenir. Chaque enquête, chaque observateur, chaque Rémois le dit : les habitants de Reims ne sont pas assez fiers de leur ville. C’est pourquoi depuis le début de notre mandat nous agissons pour redonner à chaque rémois la fierté d’habiter dans une ville qui rayonne.
Aujourd’hui, les Rémois se réapproprient leur ville.
Le bassin rémois se développe, malgré la situation économique difficile. IKEA s’installe en aout prochain à coté de Reims, ce qui représente à terme un milliers d’emplois et nous travaillons à prolonger les transports rémois jusqu’à Thillois. C’est une chance pour l’activité économique de notre territoire et c’est une garantie pour l’attractivité de notre ville dans un rayon régional et même au-delà.
En 2009, 14 entreprises nouvelles se sont installées à Reims ce qui représente plus de 500 emplois.
Nous investissons également pour que Reims retrouve une véritable qualité de vie dans ses quartiers. C’est pourquoi, nous rénovons les quartiers Wilson, Croix Rouge, Orgeval et Epinettes. Ce programme de rénovation urbaine est le 5ème en importance en France, nous le rappelons souvent. Nous ferons en sorte que Reims devienne à devenir une ville à la fois plus belle et plus douce.
Le tramway est à cet égard un formidable instrument pour transformer notre paysage urbain et, même si les travaux ne sont pas encore terminés, je crois pouvoir dire que nous avons passé la période la plus difficile. Avec le tramway, outre le fait de bénéficier d’un nouveau mode de transport moderne et plus écologique, ce sont de nouveaux lieux de vie et de passage qui verront très prochainement le jour dans notre ville, ce sont de très nombreux arbres qui sont plantés, et qui donneront à notre territoire une nouvelle respiration.
Une ville plus belle, c’est aussi une ville plus propre. La consultation que nous avons menée avec TNS-Sofres au printemps dernier nous en a confirmé l’importance. Le plan que nous mettrons en œuvre dans deux mois concernera toute la ville : le centre ville et les quartiers périphériques. Au moment où le chantier du tramway se retire pour laisser apparaitre une ville plus belle, il s’agit pour nous de tout faire pour qu’elle le reste.
Au lendemain de la conférence de Copenhague, il ne fait aucun doute qu’une ville éco-responsable, soucieuse de la qualité de son environnement, attire de nouveaux arrivants et améliore le cadre de vie de ses habitants. C’est en particulier l’objectif de notre programme de réalisation de pistes cyclables et également des différentes actions de notre Agenda 21 en matière de logement, de transport et d’énergies renouvelables. Notre objectif est toujours le même : placer Reims parmi les métropoles exemplaires en matière de développement durable.
Reims est aujourd’hui une ville pleine d’ambition. Et cette ambition, elle est avant tout collective. C’est l’esprit de la réflexion « Reims 2020 » que nous avons lancée avec le concours de trois équipes d’urbanistes. Les propositions sont sur la table depuis le colloque du mois de novembre. C’est maintenant que va s’ouvrir la période de débat. Nous poursuivrons donc cette année les expertises, les analyses avec tous les acteurs de notre territoire, pour, en tirer d’ici septembre 2010, ensemble, dans une démarche participative, un véritable projet d’avenir pour notre métropole.
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Car c’est cette méthode, cette démarche, qui nous a permis de faire avancer l’ensemble de nos chantiers cette année. Pour mettre en œuvre notre projet, nous avons en effet déployé de nombreux cycles de concertation.
Je pense aux Etats Généraux du Sport, qui ont été lancés il y a un an pour permettre un dialogue utile entre les experts, les professionnels et les amateurs, et les services de la ville autour de la politique sportive municipale.
Je pense aux rencontres de la Culture, qui auront été l’occasion de débattre avec les responsables de structures culturelles, les artistes, les amateurs, sur les projets de la ville en la matière. Le festival Reims, Scènes d’Europe représente parfaitement cette réussite : c’est parce que les structures culturelles rémoises ont décidé de travailler ensemble que le festival a pris un nouvel élan qui s’est déroulé en décembre dernier.
Nous avons mené des concertations dans beaucoup d’autres domaines : la Charte de la vie associative, la charte des terrasses, la charte de la vie nocturne, toutes ces réalisations sont des coproductions avec les acteurs concernés. Nous n’avançons que parce que nous sommes plusieurs à travailler ensemble.
Parce que lorsque l’enjeu est sérieux, lorsque l’on donne suite aux remarques soulevées dans ces lieux de discussion entre les élus et ceux qui sont les plus proches de la décision, alors le débat prend forme, devient plus attrayant et produit des résultats. La réussite des conseils de quartier en témoigne.
Nous pouvons être collectivement fiers de cette réussite. Les Rémoises et les Rémois se sont mobilisés pour le devenir de leur ville. Ils sont venus, très nombreux, aux rendez-vous organisés dans le cadre de Reims 2020. Ils sont nombreux aujourd’hui à donner leur avis sur les propositions des trois équipes d’urbanistes et c’est avec eux que nous élaborerons le projet de notre territoire.
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En terminant je voudrais dire que désormais nous pouvons nous appuyer sur deux administrations rénovées, celle de la ville et celle de l’agglomération. Je veux remercier mes adjoints et tous les élus qui se consacrent pleinement à la réussite du projet pour lequel nous avons été élus. Je veux aussi saluer l’importance du travail mené en 2009 par toutes les équipes de la ville et de l’agglomération. Je veux saluer les agents de nos deux collectivités qui ont été entièrement mobilisés par l’important mouvement de réorganisation que nous avons mené. Ils ont fait la preuve, à chaque occasion, de leur énergie et de leur attachement au service public.
Ces administrations, comme toutes les collectivités locales aujourd’hui, doivent avancer dans un cadre budgétaire contraint. Dans ce contexte, nous serons particulièrement attentifs, comme tous nos collègues élus locaux de France, aux décisions qui seront prises par le Gouvernement cette année en matière de financement des politiques publiques locales.
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Je terminerai en vous disant à nouveau combien je suis sensible à votre présence aujourd’hui, vous qui incarnez les forces vives de notre ville et de notre région. Merci à toutes et à tous d’avoir répondu présent à ce rassemblement de ce début d’année. Il est l’occasion de donner du sens à nos actions pour cette nouvelle année.
L’année 2010 sera une année pleine d’exigences. Mais soyez assurés de ma détermination à entreprendre tout ce qui est possible pour faire de Reims, avec vous tous, et quelles que soient nos différences, une ville plus dynamique, plus fraternelle, une ville éco-citoyenne et une ville rayonnante.
Je tiens enfin à remercier chaleureusement les services de la ville et les équipes de La Jonquière grâce à qui nous pourrons profiter d’un buffet dans quelques instants. Je souhaite à chacun d’entre vous, pour vous-mêmes, pour vos proches et pour tous vos projets, une excellente année 2010 !