Vous trouverez ci-dessous mon discours de présentation du budget de la ville de Reims pour 2010 lors du Conseil municipal du jeudi 17 décembre.
Chers collègues,
Je voulais pour ma part, insister sur le fondement de notre action pour l’année 2010. Mon ambition pour Reims est, tout à la fois, d’agir pour l’avenir de notre ville et d’améliorer la vie quotidienne de nos concitoyens.
Le contexte économique et social tendu accentue la précarité et accroît les difficultés pour les Rémois et les Rémoises. Les jeunes, en particulier dans les quartiers périphériques, ne parviennent plus à accéder au marché du travail.
Des familles de plus en plus nombreuses ont chaque jour recours aux allocations de secours, celles-ci ont augmenté de plus de 30 % en un an. Le chômage à Reims, comme en France, connaît une accélération qui devrait se prolonger l’an prochain. Les banques alimentaires sont débordées, notamment par une clientèle de classes moyennes de plus en plus large.
C’est pourquoi ma première préoccupation pour 2010 est de répondre à l’urgence en mettant en place les solidarités indispensables.
Mais, dans le même temps, je veux poursuivre l’élan que nous avons impulsé avec la démarche de « Reims 2020 » pour ouvrir des chantiers créateurs d’activités et d’emplois, très porteurs pour l’avenir de Reims et de son agglomération, pour renforcer l’attractivité de Reims, embellir la ville et en faire une métropole ouverte et créative, à l’échelle européenne.
Je l’ai dit lors du débat d’orientations budgétaires, la stagnation (à hauteur de l’inflation) des dotations des enveloppes de l’Etat et la suppression de la Taxe Professionnelle entretiennent un climat d’incertitude pour l’ensemble des exécutifs locaux. La crise se répercute aussi sur les autres ressources dont nous pouvions disposer comme les droits de mutation et les compensations fiscales. Le cadre est donc très contraint aujourd’hui pour financer nos actions. Mais, fidèle aux engagements énoncés lors des orientations budgétaires, je refuse de faire supporter par nos concitoyens les conséquences de la dégradation générale du budget de l’Etat. Ainsi, les taux de la Taxe d’Habitation comme de la Taxe Foncière seront maintenus au même niveau qu’en 2009.
Par ailleurs, et afin de continuer à rééquilibrer la situation financière de la ville, je souhaite que nous fassions des efforts importants pour maîtriser les dépenses de fonctionnement. Elles n’augmenteront en effet que de 0,94 % contre 5,8 % en moyenne sous la précédente mandature.
Comme je m’y suis engagée, l’endettement de la ville sera contenu, permettant à la ville de maintenir en 2014 sa capacité de désendettement en deçà de 9 ans. Dans un souci de transparence, j’ai souhaité que, dès cette année, soient affichées dans des autorisations de programmes les dépenses d’investissements sur d’importantes opérations qui s’étaleront sur la durée du mandat.
Je vous présente aujourd’hui, pour l’année 2010 un projet de budget maîtrisé et sincère, à la fois réaliste et ambitieux.
Malgré des dépenses de fonctionnement, dont la progression est contenue à 0,94%, j’ai décidé de mener une politique volontaire de « deprécarisation » des personnels municipaux. Quant à nos dépenses d’investissement, elles se stabilisent, hors dette, à 81 millions d’euros, soit un montant quasi identique à celui de 2009.
Courant 2010, je vous proposerai une programmation pluriannuelle de nos investissements, dès que nous aurons pris toutes nos décisions sur la base des propositions présentées récemment par les trois équipes d’urbanistes de Reims 2020.
1. Agir pour l’avenir, c’est hisser Reims au rang d’une métropole à l’échelle européenne et y consacrer des moyens dès 2010.
Dans cette perspective, près de 30 millions d’euros seront consacrés en 2010 aux investissements liés aux grands projets urbains, au développement économique et à l’enseignement supérieur.
Les travaux du tramway, la rénovation des Halles du Boulingrin et du Grand théâtre, le soutien aux parcs d’activités et aux grands aménagements urbains du pôle tertiaire du quartier Clairmarais, du secteur Comédie ou de la place Colin sont des dépenses d’avenir pour notre territoire.
Notre contribution, aux côtés de celles du Département et de la Région, au financement du campus de Sciences Po, marque notre volonté de renforcer Reims comme une capitale du savoir. Je précise tout de suite que, contrairement à la rumeur, Sciences Po ne concentrera pas l’essentiel de notre action en termes de soutien à l’enseignement supérieur et à la recherche. La convention entre la Ville et l’URCA est ainsi réévaluée à la hausse (+128 000€) et l’installation prochaine d’unités de l’Ecole Centrale et d’Agro Paris Tech est d’ores et déjà prévue.
L’attractivité de Reims dépend aussi de son dynamisme économique. Ainsi, nous poursuivons notre soutien en 2010 aux outils de développement et aux manifestations qui font de Reims une ville pilote en matière d’innovation et de création d’entreprises.
La place de la culture (13 millions d’euros en crédits de fonctionnement en 2010), au moment où la plupart des collectivités choisissent de réduire les budgets de la culture - est un atout pour faire de Reims une ville reconnue au niveau national et international (RSE en ce moment…). C’est ainsi que nous prolongerons en 2010 l’appui à des festivals comme Reims scènes d’Europe, Mélimômes et Elektricity.
2. Améliorer le quotidien des Rémois ; cet objectif est parfaitement traduit dans notre budget, et particulièrement dans son volet social.
Ce sont en effet au total près de 60 millions d’euros qui seront dédiés en 2010 aux solidarités et à la politique de la ville.
Les Rémois l’ont dit en répondant à la grande consultation organisée dans VRi cette année : ils veulent une ville plus propre. C’est pour répondre à cette demande que nous avons décidé la mise en œuvre d’un plan propreté. Doté d’un budget d’investissement pour l’achat de matériels nouveaux et d’un renfort en personnel avec la création de 20 postes, il bénéficiera de l’appui de la brigade environnementale de la police municipale. Les grandes lignes de ce plan vont être indiquées et je les communiquerai en détail en mars prochain.
Par ailleurs, et là aussi pour améliorer la vie des Rémois, nous avons décidé de rationaliser l’accès aux modes de garde des enfants, avec l’ouverture d’un guichet unique de la petite enfance. Il sera opérationnel dès janvier 2010, en collaboration avec tous les acteurs de la petite enfance et sa mission sera d’apporter des réponses plus rapides et davantage fondées sur des critères d’équité.
En 2010, la ville proposera aux familles une nouvelle offre en direction des jeunes parents, avec l’ouverture à Reims de deux crèches supplémentaires et d’une halte garderie.
Mais améliorer le quotidien des Rémois, c’est aussi se préoccuper de la situation des plus fragiles.
C’est pourquoi les moyens d’action du CCAS augmenteront en 2010. Les barèmes sociaux seront ajustés pour élargir les bénéficiaires du « reste-à-vivre » et faire une place plus équitable aux familles nombreuses, aux personnes accueillies en CHRS, aux gens du voyage et aux sans domicile fixe.
La création d’une épicerie sociale (Reims est la seule ville du département où cela n’existe pas) et la mise en place du micro crédit personnel apporteront des réponses immédiates aux situations de précarité que rencontrent chaque jour des familles et des personnes isolées.
La création du fonds d’aide aux personnes âgées participera à soutenir un public souvent très isolé.
Améliorer la vie quotidienne des Rémois, cela suppose aussi un débat et un échange au sein d’instances de concertation comme les conseils de quartiers. Nous rénovons notre relation avec les clubs, avec les associations, elles ont co-rédigé et approuvé la charte de la vie associative. Je serai particulièrement attentive à l’amélioration de la transparence financière et à la qualité des projets.
Voici, chers collègues, les grandes lignes et quelques-unes des actions dont je vous propose de débattre dans le cadre du vote de ce budget 2010 de la ville de Reims. Un budget marqué par la continuité dans notre la volonté d’ouverture de Reims sur un progrès économique et social au service de ses habitants. En deux mots je pourrai dire : ce budget reflète au mieux ce qui nous guide depuis 2 ans : voir loin tout en restant proche.