Adeline Hazan, maire de Reims Fil RSS

Je n’ai pas participé au débat préfectoral sur l’identité nationale

Mercredi 16 décembre 2009 | Par Adeline Hazan | Humeur | Commentaires [RSS] | Rétroliens

Les élus socialistes de la Ville de Reims n’ont pas participé au débat sur l’identité nationale, organisé lundi par la Préfecture de la Marne à l’initiative d’Eric Besson.

Tout d’abord, parce que les priorités de nos concitoyens sont ailleurs. De nombreux Français souffrent des effets de la crise économique et sociale, du chômage en hausse constante depuis un an et de la faiblesse du pouvoir d’achat. Or ce débat nous semble ignorer leurs réelles préoccupations et les principaux enjeux pour notre pays et ses habitants. En ces moments difficiles, nous pensons que les priorités du gouvernement devraient être l’emploi, les salaires et la lutte contre la précarité, pour lesquels les résultats se font pour le moins attendre.

Ensuite, parce que ce débat est la porte ouverte à l’expression des extrémismes les plus nauséabonds et aux dérapages divers. Les propos condamnables du Maire de Goussainville en sont un parfait exemple. De nombreuses confusions sont alimentées et les valeurs fondamentales de la République nous semblent bafouées. Par exemple, la tribune dans le journal « Le Monde » du Président de la République apparaît comme une relecture, voire une réinterprétation, du principe fondateur de laïcité et sème le trouble en mélangeant dans un même texte identité nationale, appartenance religieuse et immigration, ce qui est particulièrement confusant.

Enfin, parce que ce débat laisse la détestable impression d’être un énième appel du pied de l’UMP au Front National et d’être guidé uniquement par des visées électoralistes. Alors que nous approchons des élections régionales, l’UMP semble mettre en marche son protocole habituel : faire de la surenchère sur les questions de sécurité, d’immigration et de fiscalité. De telles manœuvres ne visent qu’à une chose : cacher leurs échecs sur ces questions comme sur leur politique économique et sociale. Les Français n’en sont pas dupes.

Laisser une réponse