Notre histoire culturelle se caractérise par la recherche d’une ouverture au monde et du respect de la création. La filiation de « Reims, Scènes d’Europe » est celle-là : elle remonte à ceux qui savaient que le monde divisé et abattu par la guerre se reconstruirait par la culture et grâce à la culture.
Reims est la ville de la reconstruction et de la réconciliation. Elle a connu ces périodes pendant lesquelles la nécessité d’être solidaires du reste du monde s’impose. La connaissance des cultures étrangères est une des conditions de cette solidarité.
Nous pouvons penser au festival mondial de théâtre universitaire de Nancy qui accueillait les créations de la jeunesse d’Europe. Bien sûr, nous pensons aussi au festival d’automne. « Reims Scènes d’Europe » partage cet héritage. Nous l’’inscrivons au cœur de ces confluences et de l’histoire d’ouverture de la culture française. Cette ligne directrice amène une transversalité des lieux, des disciplines, mais aussi des origines.
Parler de la culture européenne, ou plutôt des cultures européennes, c’est d’emblée poser la question, fondamentale, du vouloir vivre ensemble. L’art est sans doute ce qui permet le mieux d’aller à la rencontre de l’autre. Les créations contemporaines que nous allons découvrir tout au long du mois de décembre grâce à « Reims, Scènes d’Europe » nous feront voyager en Allemagne, en Italie, en Suède…
La diversité des offres culturelles présentées dans le cadre ce festival me réjouit. « Reims Scènes d’Europe » est un festival qui rassemble, et qui mobilise l’ensemble des scènes rémoises autour d’un même projet. Ce festival est né en 2007, de la volonté d’Emmanuel Demarcy-Mota. Il y a exprimé sa volonté de partager la chance d’être élevé par deux langues et deux cultures. Ce festival est désormais installé.
Toutes les structures engagées dans ce projet travaillent et proposent régulièrement, tout au long de l’année, des spectacles qui franchissent les frontières. Nous avons souvent l’occasion de le répéter : notre ville est dotée de très nombreux équipements culturels. Elle y consacre des moyens importants. Mais il est très rare que sur un même territoire les établissements culturels unissent leur talent au service d’un même événement. C’est l’originalité même de « Reims Scènes d’Europe » et cela mérite d’être souligné.
Il permet l’échange et la stimulation entre les structures. Il favorise leur complémentarité. Il constitue une base commune pour investir de nouveaux terrains. C’est ce travail en commun qui fait la richesse de la programmation. Je tiens à saluer cet effort entrepris par toutes les structures culturelles de notre ville. C’est pour les habitants de notre agglomération que ce festival a été conçu.
Nous devons aller à la rencontre de tous les publics pour permettre qu’un plus grand nombre de Rémois ait accès à la culture. Plusieurs établissement mènent déjà des coopérations avec l’étranger. Je souhaite que ce type de partenariats se développe : la ville les soutiendra, tout comme elle favorisa les résidences d’artistes locaux à l’étranger ou la venue de productions étrangères.
C’est pour cela que les manifestations reconnues à l’échelle européenne ont une importance centrale pour la municipalité. « Reims Scènes d’Europe » sera l’occasion cette année de lancer un réseau de jeunes spectateurs résidant dans plusieurs pays européens, en Allemagne, en Italie, et bien sur en France.
C’est dans cet objectif que j’ai souhaité que le Festival « Reims Scènes d’Europe » franchisse une nouvelle étape, qu’il devienne un événement culturel de premier plan, capable de mettre en ébullition la ville pendant 3 semaines autour de la scène européenne contemporaine.
Les associations singulières, comme celle que nous promet la soirée d’ouverture du festival, mise en scène par Ludovic Lagarde, le 3 décembre, avec Umberto Eco, parrain du festival, et Yuksek, représentent à la perfection le mouvement que nous avons voulu donné.
C’est avec beaucoup de fierté que nous accueillons à Reims Umberto Eco, Guy Cassiers, Patrice Chéreau, Thomas Ostermeier… C’est une programmation à la hauteur des grandes ambitions que nous avons formées pour ce festival. C’est la rencontre des cultures et la rencontre des disciplines artistiques qui font de ce rendez-vous un succès. Nous continuerons à tisser ces liens et à favoriser les transversalités artistiques, pour faire de ce festival le rendez-vous culturel européen d’une grande métropole culturelle européenne.