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Les orientations budgétaires de la ville pour 2010

Lundi 16 novembre 2009 | Par Adeline Hazan | Discours | Commentaires [RSS] | Rétroliens

Nous avons débattu ce soir, en Conseil municipal, des orientations budgétaires de la ville de Reims pour l’année 2010.

Je souhaite souligner ce qui m’apparaît comme essentiel pour aborder l’année 2010 de manière responsable et utile pour Reims et chacun des rémois. Mon ambition est à la fois simple et ambitieuse : donner à Reims les moyens d’être une ville du XXIème siècle à la fois solidaire, moderne, dynamique, ouverte et humaine.

Depuis 20 mois, un mouvement est lancé qui se concrétise. Après avoir rappelé la problématique financière héritée des mandats précédents, j’évoquerai les équilibres budgétaires voulus pour 2010 en soulignant le sens de ce qui est entrepris depuis 2008, à la fois pour faire de Reims un modèle du bien vivre au quotidien et une ville en devenir, tournée vers l’avenir, bâtissant son futur, bref une ville dont chaque rémois peut être fier.

1/ L’analyse du cabinet Klopfer, réalisée en juillet 2008  a mis en évidence le fait que dans les années qui ont précédé l’alternance de 2008, les évolutions financières de la ville de Reims étaient profondément déséquilibrées :

L’épargne brute se dégradait fortement en dépit de hausses importantes de la fiscalité (+17% pour la taxe d’habitation depuis 2001), et ce du fait d’un dérapage des dépenses de fonctionnement, bien supérieur à celui des recettes, et d’une évolution incontrôlée de l’endettement. Entre 2003 et 2005, les dépenses ont progressé de 6% alors que les recettes n’augmentaient que de 2,5%.

Le rapport Klopfer nous a alerté clairement sur le risque redoutable, en cas de poursuite des tendances des années 2001-2008, que en 2013, la ville n’ait plus d’épargne brute et que, alors, la capacité de désendettement, un peu inférieure à 9 ans en 2008, exploserait à près de 60 ans.

C’est pourquoi, dès 2008, j’ai voulu inverser la tendance, d’une part en limitant l’évolution des charges de gestion, et d’autre part en plafonnant l’endettement de 2014, au niveau constaté en 2008. Cette orientation a été respectée en 2008 et 2009, ce qui permet aujourd’hui de rassurer les rémois en constatant que les dépenses de fonctionnement de la Ville sont maîtrisées, à service public constant, et que la capacité de désendettement restera en deçà de 9 ans. Par ces choix financiers, j’estime avoir répondu à la fois à mes engagements principaux et aux attentes prioritaires des rémois. L’actualisation 2009 du rapport Klopfer conforte cette orientation.

2/ Les équilibres budgétaires voulus pour 2010 resteront les mêmes que ceux des deux années passées : maîtriser les dépenses de fonctionnement et plafonner l’endettement municipal.

Pour cela, je vous propose des orientations qui, si elles sont faciles à mettre en œuvre une année de plus, sont dans le droit fil des exercices 2008 et 2009. En ce qui concerne les critères d’élaboration du projet de budget primitif 2010, le raporteur vous l’a indiqué, en matière de fonctionnement ils sont les suivants : une baisse moyenne des charges d’administration de -4% à chaque fois que cela est possible, et ce sans mettre en question, bien entendu, les services publics essentiels pour les rémois ; une progression des enveloppes de crédits de subventions de +1,2%. Les dépenses d’investissement, elles, représenteront 65 à 70 M€ en 2010. Elles seront en moyenne de 55 M€ par an jusqu’à la fin du mandat (hors remboursement en capital de la dette).

A ce stade je ne peux pas ne pas redire un mot sur les perspectives de stagnation renouvelée des dotations de l’Etat et l’inquiétante réforme de la taxe professionnelle qui aura, à terme, des conséquences sur les finances municipales. Aujourd’hui débute le Congrès des Maires de France qui sera l’expression de la fronde des élus, toute tendance politique confondue.

Toutes ces inquiétudes sont renforcées par l’instauration d’une nouvelle taxe, la taxe carbone, alors que les villes sont précisémment des acteurs incontourbables de la lutte contre le réchauffement climatique et qu’elles supportent 70% des investissements publics. On le voit, les choix fiscaux de l’Etat pèsent lourd sur les finances locales et la décentralisation :

La forte baisse des impôts, voulue  au niveau national en 2007, au profit des ménages les plus aisés a réduit les dispositifs de solidarité nationale que l’impôt sur le revenu permet. Dans le même temps, des charges ont été transférées aux collectivités, sans compensation équivalente.

La communauté d’agglomération aborde les années à venir dans des conditions financières plus satisfaisantes que dans les années précédentes, grâce aux décisions courageuses que nous avons pris en septembre 2008.

La situation financière de la ville de Reims est beaucoup plus préoccupante que celle de l’agglomération : c’est une bonne nouvelle pour l’agglomération, mais nous sommes obligés de constater que le coût des équipements culturels, sportifs, équipements qui ont un rayonnement et une utilisation au niveau de l’agglomération toute entière, pèsent lourd sur les épaules des habitants rémois. Je sais que malheureusement nous ne pouvons pas envisager au cours de ce mandat, une modification significative de la répartition des compétences entre la ville et l’agglomération malgré son fondement ; c’est pourquoi je souhaite qu’une étude soit menée pour effectuer un état des lieux de cette question et proposer des solutions.

3/ Dans le cadre de ces équilibres budgétaires 2010, l’année à venir va nous permettre de poursuivre le mouvement qui, depuis deux années, fait de Reims à la fois une ville active sur les problèmes du quotidien et une ville tournée vers son avenir.

Depuis 2008, le renouveau rémois est en marche. Nous sommes en train d’inverser le cours des choses. La tâche est immense. Elle demande beaucoup de travail. Mais nous avançons. Notre vision est claire et les projets que nous avons lancés sont cohérents : ils donnent à Reims les moyens d’être à la fois une ville du XXIème siècle, moderne, dynamique, et une ville au service de tous et solidaire.

a/ Une ville du 21ème siècle

La démarche de Reims 2020, menée selon une large concertation, et qui va déboucher dans quelques jours sur une étape importante, un colloque de 2 jours où les équipes exposeront leur proposition, trace les traits de ce futur commun. En matière de rénovation urbaine, parallèlement au chantier du tram  - outil de revitalisation de la ville qui reliera les quartiers et ses habitants entre eux - un programme d’investissement de 468M€ est lancé qui rénove nos quartiers. Près de 3 000 logements sont réhabilités progressivement. De plus, sont lancées des opérations de construction de 1 800 logements. Tout ceci va faire de Reims une ville rassemblée, une ville unie et cohérente.

La rénovation des Halles du Boulingrin débute selon le calendrier annoncé. Après tant d’années d’immobilisme, cet acte, effectué tout de suite après son élection par la nouvelle équipe, est à lui seul la preuve que la ville bouge, qu’elle s’appuie sur un patrimoine unique et de qualité pour renforcer la qualité de la vie des Rémois.

Nous avons réussi à négocier l’arrivée, d’ici 2015, de 2 000 nouveaux étudiants supplémentaires grâce à l’implantation de Sciences Po dans l’Ancien Collège des Jésuites et la création d’une filière transatlantique de cette école supérieure. Ceci témoigne, de manière concrète mais aussi symbolique, de ce que Reims devient une ville moderne et ouverte sur le monde. Dès la rentrée scolaire prochaine, ce sont 80 étudiants qui s’installeront dans l’ancien collège des Jésuites.

Ce renouveau repose sur des objectifs politiques auxquels les rémois sont profondément attachés : tout cela, cité à titre d’exemple, constitue une source de fierté mais aussi des atouts pour attirer les entreprises, les compétences, les créateurs…

D’ailleurs : près de 40 nouvelles entreprises se sont implantées dans l’agglomération rémoise depuis 2008 malgré la crise financière et son impact sur l’économie.

b/ Une ville où l’on débat, au service du citoyen

Les projets sont conduits dans un cadre de concertation rénové : les 12 conseils de quartier, les Etats généraux du sport, les assises de la vie associative, sont autant de moments où l’on échange, on débat, on concerte avant de décider. Ces chantiers sont pilotés avec la collaboration d’une administration compétente et mobilisée qui, depuis le 1er mai 2009 - au terme d’une démarche de rénovation profonde indispensable mais jamais réalisée auparavant - est en capacité d’apporter progressivement des services publics de meilleure qualité, grâce à des avancées dont l’année 2010 permettra l’aboutissement : des guichets uniques avec des offres d’un service élargi ; le renforcement de la e-administration et des démarches en ligne.

Là encore, chaque jour, les femmes et les hommes de la municipalité et de l’administration s’efforcent d’améliorer le quotidien des rémois tout en ayant une vision prospective sur ce que sera la ville dans les prochaines années.

c/ Une ville solidaire

Construire le futur, améliorer les services, mais aussi améliorer l’ensemble de la vie quotidienne de nos concitoyens. C’est pourquoi, l’année 2010 sera marquée par un effort encore plus grand pour faire de Reims une ville plus solidaire, une ville ou chacun, quel que soit son âge, quel que soit son statut social, bénéficiera des mêmes chances. Dans cet esprit, nous accentuerons l’effort fait pour la petite enfance (ouverture d’une crèche gérée par le CCAS, création d’une halte garderie).

Dans le même esprit d’une ville plus solidaire, nous renforcerons l’aide aux plus démunis en augmentant les crédits attribués au CCAS, en augmentant les crédits destinés aux secours (cf : augmentation de 30% du nombre de personnes y ayant recours), et en développant de nouvelles mesures sociales comme un fonds d’aide aux personnes âgées, une épicerie sociale et une démarche de microcrédit.

Cette mobilisation de tous au service du quotidien, cette vision globale au service de l’avenir, j’ai voulu qu’elles soient impulsées dans le souci de la bonne gestion des deniers publics : maîtrise des dépenses de fonctionnement et limitation de l’endettement.

Je pense avoir, ainsi, résumé l’équation, équilibrée et dynamique, qui caractérise notre collectivité, le chemin suivi sur l’étroit sentier que les errements du passé nous contraignent à emprunter et ce, malgré les nouveaux obstacles que la stagnation des dotations d’Etat et la réforme de la fiscalité placent sur notre route.

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