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Reims 2020 : le Reims de demain commence aujourd’hui

Vendredi 27 novembre 2009 | Par Adeline Hazan | Urbanisme, Vie dans la Cité | Commentaires [RSS] | Rétroliens

Clôture du colloque Reims 2020Les travaux des équipes, pilotées par Bruno FORTIER, Philippe PANERAI et Christian DEVILLERS,  qui nous ont été présentés hier, le jeudi 26 novembre, et les réflexions qu’ils ont nourries ce matin, sont une véritable mine d’or pour notre territoire, pour son développement et pour sa gouvernance.

Si nous ne sommes pas liés par ces travaux, ils ouvrent le débat et nous pouvons d’ores et déjà en tirer quelques leçons immédiates.

A Reims, la reconquête des places et des espaces publics s’impose. Par exemple, le déclassement de l’autoroute libère 500 hectares que nous devons impérativement valoriser et ouvrir sur la ville. Le port Colbert offre de belles opportunités. La coulée verte offre une possibilité unique de circuler à travers la ville dans des espaces naturels.

Reims est une ville traversée par le canal, l’autoroute, la voie ferrée. Il s’agit aujourd’hui d’adoucir ces frontières, de « recoudre » notre ville, de la réunifier. Nous devons donner toute sa place au piéton et à tous les modes doux de déplacement.

S’il est bien difficile de synthétiser cet énorme travail mené par les trois équipes, il convient de s’en saisir pour ouvrir le débat. Et il y a matière à débattre. Je pense au projet de Cité jardin que l’équipe de Bruno Fortier a présenté pour le site du port Colbert. Je pense au parc d’activités économiques « Reims Europe » qu’il propose d’installer au sud de Reims, en profitant de la nouvelle gare TGV de Bezannes. Je pense aussi au « grand parc de Champagne » qui construirait un lien entre notre ville et les paysages qui l’entourent.

Je pense à l’important travail mené par l’équipe de Philippe Panerai sur les nombreuses places de Reims, qui sont très belles, mais que nous avons malheureusement tendance à confondre avec des parkings. Le défaut de valorisation de ces places a un effet évident sur la façon dont les Rémois vivent leur ville. Une place doit être attractive, doit être un lieu de vie, de passage, de promenade, de rendez-vous. Les 45 lieux repérés par son équipe sont autant d’espaces qui existent, mais que nous pouvons mieux offrir aux piétons. Je pense à ce qu’il a proposer pour valoriser notre port, les bords de la Vesle

Je pense bien sur à la question de l’autoroute intra-urbaine. L’équipe de Christian Devillers propose la construction de trois rocades de circulation pour interrompre la circulation automobile entre Reims-centre et Reims-cathédrale. Cette piste est radicale, mais elle permet d’imaginer une transformation non moins radicale du centre, au bénéfice des modes de transport plus doux. Je retiens enfin la possibilité d’utiliser le levier des cinq « pôles de proximité », qui permettraient de rassembler les quartiers actuels, trop enclavés, trop introvertis, de changer l’échelle du développement local, de partager des équipements et de mieux gérer les espaces interstitiels de notre tissu urbain. C’est cette logique de « pôle de proximité » qui donne du sens, par exemple, à une reconversion de l’hippodrome, autour d’une extension de l’Université et du centre commercial.

Nous vivons dans une métropole multipolaire, qui s’appuie sur dix centres urbains. Cette métropole multipolaire a besoin de politiques coordonnées et institutionnalisées dans beaucoup de domaines : le transport,  l’économie, la culture.

Cette métropole multipolaire doit veiller à faire les choix qui préserveront ses ressources naturelles. La métropole est entourée d’exploitations agro-alimentaires. Cela pose un problème à long terme pour la gestion de l’eau. Nous devons donc tendre vers une réduction de la pollution, de la distance, de l’étalement urbain.

Il y a donc matière à débattre. Mais pour réussir cette étape fondamentale du débat, nous devons nous donner les moyens de porter ces propositions à la connaissance des habitants.

Pour cela, nous allons commencer par une exposition. Elle se composera d’une quarantaine de panneaux, et sera fixée le long du cryptoportique et le long de la médiathèque, sur le parvis de la cathédrale. Elle sera également accessible en ligne, et intégrée dans un numéro spécial de « Reims Métropole magazine ». Notre objectif est que tous les habitants de notre territoire aient les moyens d’appréhender les enjeux, de connaître les questions posées, et de donner leurs réponses.

Par Internet ou par courrier, les contributions seront recueillies et synthétisées. Le dialogue mené depuis le début de l’année avec les habitants doit se poursuivre. Il va même entrer dans sa phase décisive.

Dans le même temps, les services de Reims Métropole vont devoir mener le travail compliqué qui consiste à transformer les visions des urbanistes en chiffres et en calendriers. Nous devons pouvoir prendre nos décisions, non seulement en étant d’accord sur la vision que nous avons de notre territoire, mais aussi sur les impacts que nous sommes prêts à assumer de telle ou telle proposition.

Nous poursuivrons, parallèlement à ce travail d’analyse, les débats commencés cette année avec les conseils municipaux, les conseils de quartier, le conseil de développement, toutes les collectivités, mais également les acteurs économiques de notre territoire.

Su le modèle des « Rendez-vous 2020 » qui ont été un succès jusqu’ici, nous organiserons au printemps des rendez-vous thématiques de restitution de ces expertises, pour que chacun puisse mesurer les questions qui sont posées à notre métropole aujourd’hui et pour demain.

C’est ce travail d’expertise et d’explication des enjeux qui nous permettra de poser les partis-pris de la concertation. Nous construirons nos décisions en les fondant sur cette concertation. Avant de prendre nos responsabilités, et donc de prendre des décisions qui engagent nos collectivités pour dix ans, nous organiserons des ateliers d’urbanisme.

Ces ateliers impliqueront les habitants, les élus, les acteurs économiques, sociaux, associatifs et culturels, pour que, ensemble, nous prenions en main l’avenir de notre territoire. Pour que, ensemble, nous lui donnions une direction pour les dix prochaines années. Cela nous mènera à un colloque de présentation des projets de la métropole, au mois de septembre prochain.

Nous sortons de ces deux journées de colloque avec une impressionnante somme d’idées, d’images et de perspectives. Nous nous fixons l’objectif d’en tirer d’ici septembre 2010, ensemble, dans une démarche participative, un projet pour notre métropole. Nous n’en sommes bel et bien qu’au début !

3 commentaires sur “Reims 2020 : le Reims de demain commence aujourd’hui”

  1. AB dit :

    Bonjour,
    Pourquoi couper l’autoroute inter-urbaine au milieu ? Ceci va sûrement générer des files de véhicules aux nouveaux carrefours ! Il est possible de cloisonner les côtés et de faire un parc dessus. Il serait accessible au niveau des ponts à chaque extrémité.

  2. ty dit :

    l’idée n’est pas neuve!!!

    plutôt bonne à mon sens.

    voir les réactions sur ce blog au tout début de la démarche reims 2020…

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