J’ai réuni ce matin le conseil d’administration du C.H.U. de Reims. Le Plan de retour à l’équilibre était à l’ordre du jour.
Nous savons tous que le C.H.U. de Reims connaît une situation financière particulièrement difficile depuis quelques années. Début 2009, il est apparu que le déficit était plus préoccupant que ce que nous pensions jusqu’alors. C’est pourquoi, un audit financier a été réalisé par le cabinet Ernst et Young, et qui a par ailleurs été présenté en juin dernier. Celui-ci avait fait état d’un déficit structurel de près de 25 millions d’euros pour l’année 2009.
C’est la raison pour laquelle j’ai immédiatement demandé à rencontrer Roselyne Bachelot afin que l’Etat contribue à la résorption de notre déficit. J’ai été reçue par la Ministre début septembre et lui ai exposé la situation financière dramatique du CHU de Reims. Roselyne Bachelot m’a indiqué que l’Etat était éventuellement prêt à nous attribuer une aide sur le fonctionnement après étude de notre dossier.
Notre C.H.U. présente un déficit important, le C.H.U. de Reims n’est malheureusement pas un cas isolé. La quasi-totalité des C.H.U. de France sont dans cette situation, représentant au total près de 800 millions de déficit au niveau national. Il faut se demander la cause de cette situation. Alors qu’il est le seul à accueillir les patients précaires, à soigner les pathologies les plus lourdes, à assurer l’enseignement et la formation de tous les médecins, ses missions de service public sont insuffisamment fiancées par l’Etat.
La gestion générale de notre C.H.U. doit être optimisée. Tout le monde s’accorde à y remédier. Nous considérons que des gains sont certainement possibles. Mais je pense que les mesures doivent être mises en œuvre sur une période suffisamment longue afin que la concertation avec l’ensemble du personnel soit la plus aboutie et il est de notre responsabilité à tous de nous assurer qu’elles pourront être appliquées à notre C.H.U. sans porter atteinte à la qualité des soins.
En ce qui me concerne, je ne peux voter un plan qui conduit à la suppression de 250 postes dans le contexte de crise actuelle, et plus localement de la situation du bassin d’emplois rémois. Le C.H.U. de Reims représente un atout majeur pour notre territoire en termes d’aménagement, d’attractivité et d’emploi.
C’est pourquoi nous sommes particulièrement attentifs à la préservation des emplois nécessaires au maintien de la qualité du service public offert à nos concitoyens. Le C.H.U. disposera bientôt d’une nouvelle infrastructure de qualité qui doit être optimisée sans pour autant occasionner une réduction drastique des ressources humaines.
Je mesure les difficultés, et je mesure l’importance de la décision à prendre aujourd’hui. Dans ce contexte, les administrateurs de la majorité municipale et moi-même avons voté contre la démarche de retour à l’équilibre qui nous a été proposée.