Je suis intervenue ce matin au Conseil d’administration du C.H.U. de Reims à la suite de la présentation de l’audit financier réalisé par Ernst and Young.
Je veux remercier les représentants du cabinet Ernst and Young pour leur présentation. De nombreux C.H.U. sont en déficit aujourd’hui. Vous l’avez rappelé : le déficit prévisionnel de notre C.H.U. s’élève maintenant à près de 25 millions d’euros. Cette situation coûte trop cher à notre C.H.U. et elle n’est pas viable. Tout le monde s’accorde sur la nécessité d’y remédier.
Nous devons bien sûr chercher à améliorer la gestion de notre C.H.U., mais cela ne doit pas de faire au détriment de la qualité et de l’accessibilité des soins apportés à nos concitoyens. Les scenarii de résorption du déficit qui viennent de nous être présentés évoquent d’importantes réductions de moyens.
Il est de notre responsabilité de nous assurer qu’elles pourront être appliquées à notre C.H.U. sans porter atteinte à la qualité des soins.
Mon équipe et moi-même sommes vigilants et mobilisés pour l’avenir de notre C.H.U. Nous sommes donc particulièrement attentif à la préservation des emplois nécessaires au maintien de la qualité du service public offert à nos concitoyens.
Il ne serait pas responsable d’engager le C.H.U. dans la poursuite des économies évoquées sans avoir obtenu préalablement une réponse de l’Etat, et sans que l’éventail de l’ensemble des solutions possibles ait bien été considéré. Nous attendons en effet qu’il attribue une aide supplémentaire pour contribuer à la résorption de notre déficit. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé cette semaine un rendez-vous à Mme Roselyne BACHELOT.
Pour appuyer notre demande, je proposerai au prochain Conseil municipal de Reims l’adoption d’un vœu sur la situation difficile de notre hôpital.
Le Gouvernement peut aider les C.H.U. en difficulté. Le C.H.U. de Reims représente un atout formidable pour notre territoire en termes d’aménagement, d’attractivité et d’emploi. Il appartient aussi à l’Etat de faire les efforts nécessaires à l’équilibre de son territoire.
L’hôpital public s’est engagé depuis longtemps dans un effort de rationalisation budgétaire important. Alors qu’il est le seul à accueillir les patients précaires, à soigner les pathologies les plus lourdes, à assurer l’enseignement et la formation de tous les médecins, ses missions de service public sont insuffisamment financées par l’Etat.
La position que je défends ce matin n’est pas sans lien, bien sûr, avec le débat national qui accompagne le projet de loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires. Vous le savez déjà que je ne rejoins pas les orientations choisies par le Gouvernement. Cette logique exclusivement comptable du projet de réforme ne pourra conduire qu’à une dégradation générale de notre système de soins.
Dans ce contexte, la démarche de retour à l’équilibre financier qui nous est proposée dans la présente délibération ne peut pas être notre première réponse au constat qui vient d’être détaillé. Il m’apparait nécessaire de tirer les enseignements de l’audit financier et de connaître la réponse du Gouvernement à notre demande avant d’engager une nouvelle démarche de retour à l’équilibre.
[...] je m’y étais engagée en juin dernier, en réunion du Conseil d’administration du C.H.U., je rencontre cet après-midi Mme Roselyne [...]