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Aux cotés de Catherine Trautmann au meeting de Reims

Vendredi 29 mai 2009 | Par Adeline Hazan | Discours, Européennes 2009 | Commentaires [RSS] | Rétroliens

Adeline HAZAN au meeting régional de Reims, le 28 mai 2009.J’ai participé, hier à Reims, au meeting régional de Catherine Trautmann et de ses colistiers. L’occasion de retrouver celle avec qui j’ai souvent travaillé au Parlement européen, et qui porte haut nos couleurs dans la région Est, pour l’élection européenne du 7 juin prochain.

Chers amis, chers camarades candidats qui portez nos couleurs,

Bienvenue à Reims ! Bienvenue à toi, chère Catherine, avec qui j’ai eu tant de plaisir à travailler, à Strasbourg, lorsque nous y siégions ensemble. J’y ai vu ta détermination, ton enthousiasme et la force de tes convictions pour défendre les idées socialistes, la solidarité, la justice, la lutte contre les inégalités sociales.

Je suis heureuse de mener aujourd’hui campagne pour la liste que tu mènes dans la région Grand Est. Je suis heureuse pour Reims, qui y est représentée dignement et en bonne place, grâce à Liem et grâce à Nathalie. La constitution des listes de candidats n’est jamais un exercice facile. Mais nous avons ici une liste pleine de nouveaux visages, de personnalités riches et talentueuses, aux couleurs de la France. C’est le signe de la capacité de notre parti à respecter ses engagements.

Vous le savez, ici, en mars 2008, la gauche rassemblée a connu une victoire historique. Reims était une ville de droite depuis 1983. Ici, depuis plus d’un an, nous construisons un Nouveau Reims. Nous travaillons pour rénover nos quartiers, pour les ouvrir les uns aux autres. Nous travaillons pour réduire les charges des logements sociaux. Ils occupent 43% du parc de logement de la ville. Nous travaillons pour offrir à toutes les générations un accès à la culture, aux sports, à la connaissance, à la création artistique, à la fête.

Nous agissons en nous appuyant sur nos valeurs socialistes. Nous luttons à Reims contre toutes les discriminations, qui touchent les femmes, les étrangers et les Français qui leur ressemblent, les homosexuels, les personnes en situation de handicap. Ces discriminations pèsent toujours plus lourd sur les moins riches, sur les moins diplômés, sur les plus fragiles. Ils nous faut y répondre avec fermeté.

Et nous croyons à la démocratie. Nous redonnons la parole aux habitants, à travers des nouveaux conseils de quartiers, pour rapprocher les prises de décisions de ceux qu’elles concernent. Nous sollicitons sans cesse les habitants pour qu’ils s’approprient à nouveau leur ville.

Dans toutes ces actions municipales, je retrouve une déclinaison locale des combats que les socialistes mènent au Parlement européen. Comme toutes les villes de France, Reims est une ville qui fait face à la politique de Nicolas Sarkozy et à celle de José-Manuel Barroso. Cette politique qui fait régresser les services publics locaux et les libertés territoriales. Nous devons pouvoir compter sur tous les socialistes pour faire face aux initiatives des ultralibérales, défendues par la droite française et par la droite européenne.

Car la crise est là et les Français doivent nous entendre : il est urgent de mener une autre politique.

Changer l’Europe, c’est permettre à chaque européen et à chaque européenne de s’émanciper grâce à l’école et au travail. Changer l’Europe, c’est construire une société européenne où la diversité sera vécue comme une chance et non comme un risque. Changer l’Europe, c’est lui permettre de mieux protéger, de mieux réguler cette société du « tout marché », pour mieux préparer l’avenir.

C’est pour cela que les socialistes proposent un plan de relance de l’économie européen de 100 milliards d’euros. Il faut mettre les moyens à la hauteur de la crise pour y faire face.

La crise détruit chaque jour des emplois, à une vitesse que nous n’avons jamais connue. Les spécialistes de l’UNEDIC nous annoncent la perte de 600 000 à 900 000 emplois en France cette année. C’est vrai à Reims. Je pense aux salariés de VMC, ou ceux de la PTPM. Lorsqu’une entreprise est en difficulté, nous sommes aux cotés des salariés pour chercher les moyens de maintenir l’activité.

Mais il faut agir sur tous les fronts.

L’Europe peut être là pour investir dans la croissance écologique. Cela représente près de 10 millions d’emplois potentiels en Europe. Et cet engagement répond aux grands enjeux de notre époque : l’emploi, d’une part et le développement durable, d’autre part.

La crise touche les plus fragiles. Ce n’est pas en demandant aux malades de travailler pendant leur arrêt-maladie qu’on améliorera le quotidien des salariés ! Les droits sociaux ont, bien au contraire, besoin d’être défendus et renforcés. C’est pour cela que les socialistes proposent un bouclier social européen. Pour garantir les droits et les protections sociales en Europe, depuis le Portugal jusqu’à la Finlande, depuis l’Irlande jusqu’à Chypre.

Meeting de Catherine Trautmann, à Reims, le 28 mai 2009.A Reims, nous saisissons chaque occasion pour montrer ce que nous devons à l’Europe. Nous ne parlons jamais assez d’Europe. Et pourtant, c’est à ce niveau que nous pouvons faire avancer les droits fondamentaux, et que nous pouvons mieux protéger les libertés individuelles.

Ces dernières années, je me suis battue avec mes collègues socialistes pour faire avancer la construction d’un espace judiciaire européen. Ce projet a dix ans cette année : il est né en 1999. L’Europe est un territoire ouvert. Chacun peut y circuler librement. C’est un acquis considérable pour notre histoire et pour la paix.

Cela suppose que chacun se mette d’accord sur des règles communes pour faire respecter la loi, pour assurer aux citoyens européens la sécurité et le respect de leurs droits. Et cela veut dire aussi que chaque Etat membre fait confiance à son voisin pour travailler avec lui, pour partager des informations et pour reconnaitre ses décisions de justice.

Cela veut dire que nous devons garantir les droits des justiciables et garantir les moyens de la justice, par-delà toutes les frontières internes de l’Europe.  C’est le sens du mandat d’arrêt européen, sur lequel j’ai travaillé, lorsque j’étais membre du Parlement européen. Depuis 2004, ce dispositif met fin, progressivement, à des pratiques opaques. Les gouvernements négociaient les extraditions sur des bases politiques, et selon des délais beaucoup trop longs.

Aujourd’hui, en Europe, nous luttons contre la criminalité, contre le trafic de stupéfiants, contre le terrorisme, avec des outils plus rapides, plus transparents, donc plus démocratiques. Des instruments ont été créés : Eurojust, Europol, le collège européen de police. Les juges travaillent mieux ensemble, même s’il reste beaucoup à faire.

Il y a encore du travail pour faire fonctionner l’espace judiciaire européen selon des règles démocratiques. En particulier en imposant un meilleur contrôle par la Cour de Justice européenne, et en apportant des garanties sérieuses sur les conditions d’arrestation et de détention des suspects.

Les socialistes veulent voir avancer, par une législation européenne, ces garanties procédurales.  C’est un travail considérable, mais c’est aussi comme cela que le peuple européen se reconnait et s’identifie à son territoire.

Nous partageons une histoire européenne. Nous formons une société européenne. Nous avons besoin de règles communes à l’échelle de l’Europe.

Je tiens à en parler aujourd’hui parce que c’est ainsi que les socialistes doivent parler de la sécurité. Dans cette campagne, la droite parle de sécurité pour faire peur. Ce matin, Nicolas Sarkozy nous a servi un nouveau discours sécuritaire. En somme, il nous promet plus de caméras de surveillance, plus de fouilles, plus de portiques de sécurité.

Il nous demande aujourd’hui de choisir entre la sécurité et la liberté. Nous, socialistes, quand nous parlons de la sécurité, c’est pour rendre plus forte notre conscience collective et pour nous rendre plus fiers de notre Europe, de nos droits et de nos libertés.

Aujourd’hui, la droite veut faire peur. Il ne lui reste que cela. Son bilan n’est pas brillant. Elle a brandi la question de l’adhésion de la Turquie, comme un épouvantail. C’est pourtant totalement hors sujet dans cette élection. On parle là d’une adhésion qui pourrait être acceptée, si tout le monde est d’accord, dans plus de dix ans !

On montre toujours l’étranger pour faire peur, quand on a plus rien à dire.

Je me souviens de nos batailles sur la directive « retour ». Dans la discussion au Parlement européen, les socialistes se sont battus pour que les règles communes de reconduite à la frontières soient plus humaines. Pour que les délais de rétention dans les centres soient raccourcis. Pour que les mineurs soient protégés. Et il y a bien eu un affrontement droite / gauche à l’échelle de l’Europe. La droite a rejeté, par exemple, un amendement dont le seul but était d’éviter qu’un mineur soit reconduit là où personne ne peut l’accueillir.

Nous avons finalement un texte très mauvais, puisqu’il donne la possibilité aux Etats membres de laisser un étranger un an et demi dans un centre de rétention. Alors même que son seul crime est de ne pas avoir de titre de séjour. C’est une bataille que les socialistes n’abandonneront pas. Nous devons sortir de cette approche dogmatique, qui criminalise l’étranger. L’Europe n’est pas elle-même quand elle s’enferme dans une forteresse.

Meeting de Catherine Trautmann à Reims, le 28 mai 2009.Chers amis,

Nous avons besoin des socialistes au Parlement européen. Nous avons besoin d’une majorité de gauche en Europe pour faire face à la crise et pour dire non à l’ultralibéralisme qui l’a provoquée.

Ici, à Reims, il n’y a pas d’ambigüité possible : le centre, c’est la droite. On le voit à chacun de nos conseils municipaux. Et si certains peuvent jouer une autre musique aujourd’hui, nous ne devons pas nous tromper. Au Parlement européen, la voix du Modem a rarement manqué aux textes défendus par l’UMP.

Il faut être efficaces le 7 juin. Nos valeurs n’ont jamais été autant d’actualité. Nous devons être nombreux à les faire triompher au Parlement européen. Mobilisons-nous pendant les dix jours qui nous restent, pour la victoire des socialistes dans la région Grand Est, en France et en Europe !

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