Adeline Hazan, maire de Reims Fil RSS

Voeux aux corps constitués pour la nouvelle année

Mercredi 7 janvier 2009 | Par Adeline Hazan | Discours | Commentaires [RSS] | Rétroliens

C’est avec beaucoup de plaisir que j’adresse à chacune et à chacun d’entre vous, pour la première fois en tant que Maire de Reims et Présidente de Reims Métropole, mes vœux de paix et de bonheur pour cette nouvelle année.

Cette année 2009 commence dans un contexte difficile. La crise financière mondiale a eu des effets considérables sur l’économie de notre pays, qui ont pesé sur celle de notre ville. Cette réalité peut atteindre le pouvoir d’achat et la situation sociale des habitants de notre agglomération.

La dureté de la situation ne nous éloigne pas de nos engagements, bien au contraire. Ces difficultés confortent les priorités du Nouveau Reims et de Reims Métropole : d’abord l’emploi, la qualité de vie, l’amélioration de la vie quotidienne, et ensuite l’attractivité de notre territoire, son rayonnement, son avenir.

Durant les neuf mois qui viennent de s’écouler, mon équipe a posé les fondations du Nouveau Reims, sur le plan budgétaire d’une part, et sur le plan organisationnel d’autre part :

- Nous avons assaini la situation financière des deux collectivités, la ville de Reims et Reims Métropole. En conformité avec les préconisations d’un cabinet d’audit, nous avons su garder nos marges de manœuvre tout en stabilisant les charges de gestion et en réduisant les dépenses d’investissement. La période m’invite à préciser qu’heureusement la municipalité n’a pas souscrit d’emprunts toxiques.

- Nous avons optimisé l’organisation des services, à travers l’audit du cabinet Ernst & Young et une réorganisation menés dans le dialogue permanent, en associant les élus et les représentants du personnel.

Je tiens à souligner combien, pendant cette période d’activité intense, l’ensemble des services municipaux et communautaires ont démontré leur capacité de mobilisation, d’innovation, de proposition.

Nous travaillons, sans attendre, au prochain hôtel des services publics, cette maison commune qui accueillera l’ensemble des services de la ville et de l’agglomération dès 2012. Cela simplifiera l’administration, économisera les trajets inutiles, réduira les frais de fonctionnement, et permettra d’offrir aux rémois un guichet unique.

En 2009, nous pourrons donc nous appuyer sur un nouveau budget et des services renouvelés.

Nous n’oublions pas nos engagements. Nous ne voulions plus entendre que Reims était une ville fermée, tournée vers elle-même, vers son passé, vers ses gloires lointaines. Nous connaissons les potentialités de notre ville. Nous les jugions insuffisamment exploitées. Les Rémois ont exprimé leur attente. Aujourd’hui, ils peuvent déjà mesurer que les choses commencent à changer.

Reims n’est plus la « belle endormie ». Elle est une ville qui se réveille et qui bouge. Notre ville donne une place plus importante à la fête et aux jeunes.

Chacun a pu voir les nouveaux rendez-vous culturels que nous avons programmés. Autour du nouveau festival « Reims, Scène d’Europe » par exemple, c’est l’harmonie de nos établissements culturels et leur ouverture vers l’étranger qui ont été mises en lumières.

Chacun a vu s’éveiller la place du Forum, à travers des spectacles sur les gradins du cryptoportique, le marché aux livres, la patinoire et les artisans de Noël. Cette place est désormais tout à la fois la place des enfants, celle des jeunes rappeurs, celle des concerts de jazz, celle des vieux livres et des gravures, celle des terrasses au soleil et celle des chalets enneigés, et le fait qu’elle se situe en centre ville ne signifie bien sûr nullement qu’elle est réservée aux habitants du centre, il n’y avait qu’à passer près de la patinoire ce dernier mois pour voir qu’au contraire des enfants, des jeunes, des adultes, de tous les quartiers en profitaient.

Chacun mesurera en 2009 notre volonté de renouvellement des fêtes rémoises. Les rendez-vous traditionnels du mois de juin prendront un coup de jeune. Les flâneries musicales par exemple prendront un nouvel élan.

Nous développerons encore les activités nocturnes. Nous travaillons avec les professionnels de la nuit autour du projet de charte de la vie nocturne. La sécurité de tous et la tranquillité des riverains ne doivent pas être incompatibles avec la fête. Lorsque tout le monde s’y met, Reims est capable de beaucoup : nous nous souvenons de la « Noctambule de Reims ». Elle aura une nouvelle édition en 2009, encore plus ambitieuse.

Une ville qui bouge, c’est aussi une ville où le sport est très présent. C’est pourquoi nous avons décidé de lancer avant la fin du mois les états généraux du sport, non seulement pour donner la parole aux associations sportives, mais surtout pour que les décisions qui les concernent soient prises pour et avec elles.

Cette année, nous avons célébré de nouveaux champions olympiques rémois. Nous avons été heureux d’ouvrir un nouvel établissement sportif, le nouveau stade Auguste Delaune, qui vient compléter un triangle sportif renouvelé, autour du Nautilud et de l’espace René Tys.

Aujourd’hui, je suis heureuse de pouvoir ouvrir à Luis FERNANDEZ un stade qui ne lui interdit aucune ambition pour notre équipe, qui ne lui ferme aucun horizon. Le seul nom d’Auguste Delaune suffit pour rappeler ce qu’une municipalité comme la notre attend de sa politique sportive : de l’ouverture, du partage et de l’ambition. Le sport est un puissant vecteur de valeurs citoyennes.

Une ville qui se réveille, une ville qui bouge, c’est aussi une ville qui s’occupe des jeunes. Cela concerne l’enfant dès le plus jeune âge. Cette année, nous ouvrirons de nouvelles crèches. Cela concerne l’enfant scolarisé, qui, depuis la rentrée dernière, peut être accueilli à l’école dès 7h30 lorsque cela est nécessaire.

Mais cela concerne bien sûr aussi les étudiants, que nous voulons plus nombreux à Reims, autour de l’université, de RMS, et grâce à l’arrivée d’étudiants de Supinfo, de Centrale, de Sciences-Po. Je pense au projet de label « Reims Campus », que nous lançons avec tous les acteurs de l’enseignement supérieur rémois et qui affirmera plus franchement la vocation universitaire de Reims.

Notre ville va changer de visage. Pas seulement parce que nous allons ouvrir le chantier d’une nouvelle identité visuelle, plus conforme à ce que la ville de Reims a à dire aujourd’hui.

Notre ville va changer de visage aussi parce qu’elle se réaménage. Le tramway, qui bouscule aujourd’hui notre vie quotidienne, est une formidable occasion de relier nos quartiers et de rajeunir nos rues, notre mobilier urbain, nos revêtements, nos façades. La charte des terrasses que nous lancerons au cours de ce premier semestre rendra aussi notre ville plus vivante et plus belle.

Reims va faire peau neuve. Indépendamment du trajet du tramway, qui donnera une bouffée d’oxygène à notre ville, nous allons lancer, dès samedi prochain, le chantier de la rénovation des halles du Boulingrin. C’est un projet symbolique à plus d’un titre. Il s’agit de tourner une page. Il s’agit de faire revivre un espace urbain longtemps abandonné. C’est aussi le point de départ d’une vaste opération de restructuration de l’espace qui va de la zone Sernam à la place Royale. Nous voulons rendre cet espace plus attractif, plus qualitatif, étendre le centre de Reims. C’est là aussi que prendra place le nouveau musée des beaux arts dont nous souhaitons l’achèvement pour 2015.

Notre ville change déjà ses habitudes à travers le visuel choisi cette année pour la traditionnelle carte de vœux de la ville de Reims. Avec cette carte, il s’agit de dire à chacun que Reims est une ville qui bouillonne, qui rayonne, qui se projette dans l’avenir. Il s’agit aussi de mettre en valeur les talents des établissements municipaux. Je suis heureuse de m’être appuyée sur l’Esad. Dès cette année, nous allons, autour de l’Esad, créer une pépinière d’entreprises du design.

Reims se développe. Le TGV avait déjà renforcé l’attractivité de l’agglomération. Nous voulons faire le maximum pour que Reims Métropole devienne un pôle d’attraction.

Les crises économiques ne durent jamais. Celle dans laquelle nous entrons ne doit pas nous paralyser. Nous devons être prêts pour le redémarrage de notre économie. Nous le savons tous, c’est à l’échelle de l’agglomération que l’avenir se pense et se construit. C’est le bon niveau d’intervention pour accroitre notre compétitivité territoriale.

Nous travaillons, toutes les communes de Reims Métropole, dans un esprit constructif et ambitieux qui nous permet d’agir au bénéfice de chaque habitant de l’agglomération. J’en profite pour saluer les maires ici présents : Alain LESCOUET, maire de Saint-Brice Courcelles, Jean-Louis CAVENNE, maire de Bétheny, Jean MARX, maire de Cormontreuil, Jean-Pierre FORTUNE, maire de Tinqueux, Jean-Pierre BELFIE, maire de Bezannes.  Nous terminerons à cette fin l’aménagement d’importantes zones d’activité : Croix-Blandin, la ZAC de Bezannes, les zones d’activité de la Malle à St-Brice-Courcelles, la Husselle et Sous-les-Vignes à Bétheny, la zone Pierre-de-Coubertin à Cormontreuil…

Nous travaillons depuis neuf mois à la définition de nouveaux instruments de développements économiques, que nous voulons opérationnels à la fin du premier semestre 2009. Ils nous permettrons de développer les dispositifs de création d’entreprises : jeunes entreprises universitaires, pépinières, technopoles, hôtel d’entreprise.

Mais nous n’ignorons pas non plus les difficultés de ceux qui ont perdu leur emploi, où dont l’emploi est menacé. Nous travaillons à un projet autour de la maison de l’emploi, de la mission locale et des acteurs de l’insertion par l’économie, un projet qui permettra de rendre plus lisible et plus efficace l’action de notre collectivité. Notre échéance est là encore celle du premier semestre 2009. D’ores et déjà nous avons installé un observatoire de l’emploi, qui nous permet de suivre l’activité des entreprises et d’anticiper leurs difficultés.

Bientôt, nous accueillerons l’INRAP, ce qui nous réjouit d’autant plus que nous accordons une importance particulière à l’archéologie préventive. Nous serons bientôt en mesure de présenter au rémois les trésors que les travaux du tramway ont révélés.

Nous intéressons aussi Sciences-Po. Cela nous encourage pour partir à la conquête d’entreprises et d’emplois. Ce que les responsables de Sciences-Po ont apprécié dans notre ville, c’est sa beauté, c’est la qualité de la vie, c’est la qualité de nos transports publics. Mais c‘est aussi notre souci de réussir la mixité sociale, et notre conviction que le cœur des villes a besoin des jeunes.

Je veux vraiment que notre ville se projette dans l’avenir. Je veux nous donner les moyens de nos ambitions, en invitant tous les élus de l’agglomération, tous les professionnels, tous les habitants, à s’impliquer dans une démarche, ouverte, de grand projet urbain, une démarche qui dans son ampleur est sans équivalent en France. Nous voulons que les habitants de Reims Métropole dessinent l’agglomération qu’ils veulent pour leur avenir et pour leurs enfants. Le Reims de 2020. Car c’est à ce rythme qu’une agglomération se transforme.

Mais ce n’est pas abstrait pour autant : il s’agira par exemple de prendre des décisions pour les aménagements des sites de la Sernam et de Renault Pont-de-Vesle. Les premières réalisations n’attendront donc pas 2020.  Dès 2012 les rémois verront leur environnement urbain se modifier.

Lorsque je dis que Reims se projette dans l’avenir, je pense aussi aux efforts que nous faisons pour notre environnement. Reims se rénove en étant exemplaire dans le domaine du développement durable. Je pense aux bâtiments « HQE » (Haute Qualité Environnementale) que nous construisons. Je pense au service de co-voiturage ouvert aux agents de la ville et de l’agglomération. Je pense à l’agenda 21 de nos collectivités, et au plan Climat que nous établirons cette année. Je pense aux clauses sociales et environnementales que nous avons ajouté à nos cahiers des charges.

Les changements sont plus faciles dans une ville qui sait rester ouverte. Nous savons que la transparence est une condition de la démocratie. Nous voulons que les rémois participent aux décisions qui les concernent. C’est un engagement de notre équipe, mais c’est aussi une condition de réussite du Nouveau Reims.

Cela a commencé par la rénovation, la réorganisation et la relance des conseils de quartier. Les choses se mettent en place. Chaque quartier va maintenant pouvoir faire valoir ses priorités, ses spécificités, ses attentes. Chaque année, je viendrai avec mon équipe présenter un compte-rendu de notre mandat devant chacun des douze conseils de quartiers.

Ce n’est pas seulement une question de transparence. C’est aussi un moyen que nous voulons saisir d’entendre le point de vue, les critiques et les propositions des acteurs des quartiers. Un mandat n’est pas un long tunnel dans lequel les élus s’engouffrent et dont ils ne sortent qu’à la veille de la campagne électorale suivante.

Une ville ouverte est une ville qui s’ouvre aussi à ceux qui n’ont pas le droit de voter. Nous ne voulons exclure personne de cette démocratie locale. C’est pourquoi nous installerons un conseil des résidants étrangers à Reims. Nous voulons faire le maximum pour l’apprentissage, la promotion et l’animation de la démocratie dans notre ville. C’est le sens que nous voulons donner au conseil des jeunes que nous installerons cette année.

Une ville ouverte, c’est une ville qui donne de l’air à ses quartiers, qui les rénove et qui les anime. Nous voulons agir avec force là où les difficultés se concentrent. Le logement social occupe une place particulière à Reims. Cela nous donne des moyens et des responsabilités. Le programme de rénovation que nous lancerons à la fin du mois est à la hauteur de nos ambitions. La rénovation de nos quartiers Wilson, Croix-Rouge, Orgeval et Epinettes a en effet changé de dimension le 20 novembre dernier avec la signature de l’avenant 1 à la convention ANRU.

Avec près de 480 millions d’euros mobilisés par l’ensemble des acteurs, la ville de Reims est entrée dans le top 5 des plus importants dossiers de France de rénovation des quartiers. Mais nous serons vigilants pour que les habitants soient les principaux acteurs de cette amélioration de leur cadre de vie.

Améliorer son cadre de vie, c’est pouvoir accéder à de nouveaux équipements de proximité comme ce sera bientôt le cas à Wilson avec une nouvelle maison de quartier et un nouveau groupe scolaire.

Améliorer son cadre de vie, c’est aussi voir ouvrir de nouveaux commerces comme à Croix-Rouge. Améliorer son cadre de vie c’est enfin voir son logement rénové, réhabilité ou reconstruit.

Autour de ce programme de grande ampleur, c’est avec les associations, avec les maisons de quartiers, et à travers mille et une activités ludiques, artistiques, sportives que nous faisons respirer les quartiers. C’est là qu’une ville commence.

Une ville ouverte, c’est une ville qui regarde par-delà les frontières. Reims se tourne vers l’Europe. Nous en avons donné le signal le 8 mai dernier. Nous l’avons répété autour du festival « Reims, Scène d’Europe ». Nous sommes convaincus que c’est à l’échelle européenne que Reims saura affirmer sa dimension de métropole.

Une ville ouverte, c’est une ville qui lutte contre les inégalités. C’est naturellement le sens donné aux missions de lutte contre les discriminations et pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Les programmes qui en résultent nous placent en tête des collectivités dans ce domaine.

C’est aussi le sens des prises de parole symboliques de la ville contre le racisme, contre l’homophobie, contre le traitement infligé aux sans-papiers, contre les atteintes au droit de grève, ou commémorant l’abolition de l’esclavage…

Nous ne nous limitons pas au ministère de la parole. Je sais ce que des mesures aussi concrètes que la gratuité du Parc de Champagne ou l’accueil des enfants à l’école tôt le matin ont apporté aux Rémois qui sont en difficultés.

C’est pourquoi nous agissons pour le pouvoir d’achat des rémois.

- en diminuant de 10% le prix de l’eau à compter de ce mois-ci ;

- en gelant le prix du ticket de bus pendant toute la durée des travaux du tramway ;

- en appliquant la loi sur les tarifs sociaux des transports en commun ;

- en réduisant par exemple le coût du permis de conduire pour les jeunes Rémois en difficultés et qui ont besoin de ce permis pour mener à bien un projet ;

- et dès demain, en réduisant les charges locatives des logements sociaux.

Reims est une ville solidaire. Les barèmes qui déterminent les prestations sociales de notre ville ont été revus. Dès 2009, nous reconstruirons un centre d’hébergement et de réinsertion sociale. Nous projetons d’en reconstruire d’autres. Répondre à l’urgence sociale, pour notre ville, c’est aussi coordonner les actions dans le cadre des expulsions locatives. C’est aussi améliorer les conditions d’accueil des gens du voyage. Une ville trouve sa raison d’être dans la solidarité.

Nous avancerons donc en 2009 en poursuivant ces deux objectifs qui je l’ai toujours dit, doivent être complémentaires : d’abord, améliorer la qualité de la vie quotidienne des Rémois, ensuite faire rayonner notre ville, pour la rendre plus attractive, plus ambitieuse, plus éclatante.  Devant ces défis comme devant tous ceux que vous pourrez vous fixer personnellement cette année, je vous souhaite une année heureuse, enthousiaste et réussie.

Reims, le mercredi 7 janvier 2009.

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