Adeline Hazan, maire de Reims Fil RSS

La ville change avec vous !

Jeudi 29 janvier 2009 | Par Adeline Hazan | Discours, Urbanisme | Commentaires [RSS] | Rétroliens

Le cycle que nous lançons ce soir illustre bien la politique municipale que mon équipe et moi-même entendons mener à Reims. D’abord, parce qu’il s’agit d’un programme ambitieux, qui se donne les moyens de projeter notre ville dans la modernité. Ensuite, parce qu’il est au cœur de notre projet de ville plus humaine et plus solidaire. Enfin, parce qu’il est mené en consultant les habitants, en mobilisant les instances de concertation, en rapprochant toujours les décisions de ceux qu’elles concernent.D’abord, en effet, je suis heureuse de la nouvelle dimension que prennent nos engagements en matière de renouvellement urbain. A travers le nouvel accord que nous avons conclu en novembre dernier, ce n’est plus 180 millions d’euros que nous investissons dans nos quartiers, mais 470 millions d’euros.

Cette somme nous donne le droit d’être plus ambitieux. Nous ne nous limiterons plus à un travail sectorisé sur les quartiers de Wilson et de Croix-Rouge. Cette nouvelle somme nous permettra de poursuivre le travail engagé sur ces deux quartiers et de travailler également sur les quartiers d’Orgeval et des Epinettes.

Cela répond à une urgence que nous avons tous identifiée. Le logement social occupe une place particulière à Reims. Cela nous donne une responsabilité particulière à nous, collectivités, mais aussi aux bailleurs qui sont des actes incontournables de ce processus.

Nous prévoyons de relancer la construction de logements, d’assurer une plus grande diversité de ces logements, d’améliorer la qualité de notre environnement urbain et des services offerts. Nos quartiers sont des bassins d’activité. Nous voulons avancer dans une logique de croissance et d’emploi au cœur même de ces quartiers. C’est par cette revitalisation économique que nous devons commencer.

Je pense en particulier aux quartiers Croix-Rouge et Wilson, qui sont inscrits en Zone Franche Urbaine. Cela leur permet d’accueillir de nouvelles entreprises, des activités de commerce et d’artisanat et des emplois de services. De nouveaux locaux pour accueillir ces activités commerciales seront construits dans le cadre du plan d’aménagement des bailleurs sociaux.

Mais le développement économique des quartiers implique également d’investir dans le sport, dans la culture, dans les petits commerces. Il s’agit véritablement d’animer un centre de vie dans chaque quartier. Et pour aider des habitants des quartiers classés en ZUS au montage de projets individuels, nous mobiliserons aussi des financements du FISAC.

Nous avons chaque jour les preuves de l’urgence d’un travail de rénovation et d’animation de nos quartiers. Nous voulons les ouvrir sur la ville. Nous avançons sur tous les fronts. Le tramway, par exemple, y contribuera. Mais le cœur du dispositif reste notre capacité à offrir aux rémois un nouveau chez-soi, plus agréable à vivre. Nous voulons renforcer la solidarité dans les quartiers, et entre les quartiers.

C’est ce qui nous a amené à poursuivre ce programme de renouvellement urbain en ayant en tête ces quelques objectifs :

- A chaque fois que cela est possible, nous préférons remettre les logements à neuf plutôt que les détruire. Et pour tout logement social détruit, un logement social sera reconstruit. C’est une chance pour notre ville de disposer d’un tel parc. La rénovation de nos quartiers n’aura pas pour effet le rétrécissement de ce patrimoine.

- Nous avons voulu nous assurer que les habitants auront les moyens de rester dans leur quartier. Cela nous a amené à demander par exemple la requalification de 127 logements en « logement très sociaux ». Et cela nous amènera à insister sur la nécessité d’une maîtrise du « reste à charge ».

- Ces exigences nous ont amené à travailler avec les bailleurs sur une charte du relogement. La requalification des logements doit être une opportunité pour tous.

Les familles qui sont amenées à quitter leur ancien chez-soi doivent être accompagnées de façon exemplaire et en parfaite transparence, depuis la décision du départ jusqu’à l’emménagement dans le nouveau logement, en passant par le choix de celui-ci. Ce parcours de relogement doit obéir à des procédures communes à tous et lisibles par tous.

- Nous voulons que Reims s’engage à travers ce programme pour le renforcement de la mixité sociale. Elle se traduit à la fois par la diversification de l’offre de logements, entre parc privé et social, par les parcours de retour à l’emploi et de soutien à la création d’entreprises, et par la création d’espaces de vie dans l’aménagement urbain.

Parmi les parcours de retour à l’emploi, nous nous appuierons davantage sur la charte d’insertion, qui nous permet d’obtenir des entreprises impliquées dans les chantiers qu’elles embauchent des habitants du quartier.

Cette charte réserve 5% des heures travaillées à des personnes sans emploi habitant en ZUS. Elle sera appliquée dans les quatre quartiers concernés par le programme : Wilson, Croix-Rouge, Orgeval et les Epinettes. Le Pôle Emploi et les acteurs associatifs locaux seront mobilisés pour identifier les compétences disponibles sur ces bassins d’emplois locaux et ainsi mieux lutter contre le chômage. Cette charte a déjà permis à des jeunes habitants de Wilson de mener à bien des projets d’insertion, comme par exemple la création d’une entreprise de BTP.

Nous avons enfin voulu améliorer la gouvernance de cette rénovation de nos quartiers. Cela a commencé par une réorganisation des services concernés pour associer, dans chaque quartier, le travail social et le travail urbanistique. Mais cela repose surtout sur un véritable de travail de concertation et d’information autour de ce programme de renouvellement urbain. Nous voulons expliquer et accompagner le programme pour donner du sens à notre action et donner une visibilité sur les travaux.

Pour la première fois, de manière systématique, les habitants sont invités à participer à l’aménagement de leur quartiers, dans le cadre de réunions d’information publiques et de consultations. Nous développerons de nombreux outils pour recueillir la parole des habitants. Ce sont eux, en effet, qui seront les principaux acteurs dans la transformation de leur cadre de vie.

Les nouveaux conseils de quartier s’investiront naturellement dans cette démarche de concertation locale. Elle touchera aux sujets du logement, de la mixité sociale et de l’attractivité économique. Nous mettrons en place des « ateliers urbains de proximité » dans chaque quartier. Nous y inviterons les habitants à être les acteurs de leur futur quartier, autour des projets d’espaces publics, d’équipements publics, de commerces de proximité ou d’emploi. Nous mesurons tous que ce travail de concertation est considérable mais essentiel. Il implique tous les acteurs publics et privés du logement, de la cohésion sociale, et de l’animation urbaine.

Vous le devinez sans doute, le fait que nous présentions aujourd’hui le programme de rénovation urbaine, au lendemain de la présentation du Grand Projet Urbain « Reims 2020 » n’est pas anodin. Nous avons l’ambition de tracer dans l’année qui vient, avec les rémois, avec l’aide de professionnels, les grands traits du Reims des années 2020. Cela suppose une réflexion pluridisciplinaire, impliquant sociologues, économistes, urbanistes et architectes.

Et cela permet de donner du sens aux grands rendez-vous que se donne notre ville dans les prochaines années : l’aménagement de l’environnement des gares TGV, le tramway, l’aménagement de grandes zones d’activité, et bien sur la rénovation de nos quartiers.

Je veux saluer tous les partenaires de ce grand programme de rénovation urbaine : l’Etat, à travers l’Agence nationale pour la Rénovation urbaine, la Caisse des dépôts, la Foncière logement, les bailleurs sociaux (Effort Rémois, Foyer rémois, Reims Habitat et A.D.O.M.A.). « La ville change avec vous ! »

Reims, le 29 janvier 2009.

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